Pour Sarkozy, les auto-entrepreneurs sont un remède à la crise
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
EMPLOI-PRO Les auto-entrepreneurs sont les nouveaux héros du président de la République. Il y voit un signe de la volonté des Français de « se prendre en main ». Pour les aider, le dispositif devrait être prochainement généralisé. Pour l'appuyer, le président mise a
Black, blanc ou beur, hommes et femmes, des plus jeunes aux déjà seniors, ils étaient tous là, au palais de l'Elysée. Sorte de rois d'un jour de l'économie. En effet, ce jeudi 15 Mai, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait décidé de mettre en avant les auto-entrepreneurs, présentés comme de véritables héros que le chef de l'exécutif oppose « au spéculateur ».
D'après les données officielles, ce sont actuellement pas moins de 150 000 personnes qui ont souscrit à ce nouveau statut depuis le début de cette année. Dans ses prévisions les plus optimistes, le gouvernement en attendait 100 000 en 6 mois. « Le succès de l'auto-entrepreneur est en passe de devenir un phénomène de société, a commenté le président de la République. Je veux qu'on fasse de vos histoires des exemples dans les écoles, dans les cités et à la télévision ». Et de prévoir à ce rythme pas moins de 300 000 nouveaux entrepreneurs.
Rassurer les artisans
Répondant aux critiques qui voient dans ce statut ultra simplifié une forme de légalisation a minima du travail au noir, Nicolas Sarkozy a évoqué le sort réservé aux emplois à domicile en 1993.Provocateur, il a souhaité aux quelques 500 auto-entrepreneurs présents d'être « autant critiqués et d'aboutir aux mêmes résultats ».
Les critiques venues du monde de l'artisan ont eu davantage droit à l'écoute du président. Il a annoncé à cette occasion qu'il allait « recevoir les artisans pour voir avec eux. On ne crée pas une filière pour en déstabiliser une autre », a-t-il expliqué. Une mission d'évaluation sera donc conduite. Ses résultats seront rendus publics et pourront conduire à un ajustement du régime de l'auto-entrepreneur. Un ajustement dont les limites sont d'ores et déjà fixés : « ce que je veux, c'est rassurer ceux qui ont une activité indépendante. Ce que je ne veux pas, c'est casser l'élan actuel », a prévenu le chef de l'Etat, qui entend même lui donner davantage de moyens.
Il a ainsi annoncé que le dispositif sera adapté prochainement pour les activités libérales, les fonctionnaires, les bassins d'emplois à dynamiser en métropole comme Outre-Mer.
Donner de nouveaux moyens
Autre voie privilégiée par le chef de l'Etat : le micro-crédit. « Avec moins de 3 % de défauts, le micro-crédit est performant et il faut le favoriser ». Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, devra, avec la direction générale de la Caisse des Dépôts et Consignations, définir une enveloppe de crédits sur fonds d'épargne destinés aux organismes de micro-crédit. Cela devra se faire à prix coûtant.
Enfin, le chef de l'Etat souhaite faciliter l'accès à la formation professionnelle de ces nouveaux chefs d'entreprise. Pour cela, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi et Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce recevront « les responsables des fonds de formation professionnelle des travailleurs indépendants [...] pour s'assurer que les auto-entrepreneurs auront droit comme les autres créateurs et chefs d'entreprise à une formation professionnelle adaptée ».
Côté coulisse, les auto-entrepreneurs présents ont plutôt bien accueilli le discours du président de la République. « Cela fait plaisir d'être reconnu », expliquait une femme d'une cinquantaine d'années qui vient d'ouvrir une activité de couture dans sa cité. Un peu plus loin, le buffet à peine ouvert, deux hommes raillaient : « le buffet, cela représente un an de ton chiffre d'affaires, non ? ».
Christophe Bys
Auto-entrepreneur : qui es tu ?
Toujours est-il que l'auto-entrepreneur est un homme dans 70 % des cas. Son âge moyen est de 40 ans, avec une proportion de retraités non négligeable (8 % contre 4 % pour l'ensemble des créateurs d'entreprises). Un quart est chômeur, un gros tiers est salarié.
Les 5 principales activités sont :
- le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion
- les services personnels
- autres commerces de détail sur éventaires et marchés
- la programmation informatique
- la vente à distance sur catalogue spécialisé.

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