imprimer

Pour sa survie, Poweo renonce à produire de l’électricité

Par Barbara Leblanc - Publié le
Réseaux électriques
© Fotolia

Une page se tourne chez Poweo. Le groupe a décidé d’arrêter la production d’électricité pour se concentrer sur les activités de vente. Et au passage arranger sa situation financière.

120 millions d’euros. C’est pour cette somme que le groupe français Poweo a vendu ses moyens de production à son actionnaire de référence, Verbund. Ces dernières regroupent autant les centrales thermiques de type cycle combiné au gaz naturel que les actifs basés sur les énergies renouvelables. L’accord signé le 21 décembre entrera en vigueur le 1er janvier 2011. Reste que Poweo conserve une option de rachat sur ces activités jusqu’au 30 juin 2013. « Nous pourrions l’exercer si les évolutions futures des conditions réglementaires ou de marché donnent du sens à une telle opération », a commenté le groupe.

Car l’objectif d’une telle cession est avant tout de renflouer les caisses de Poweo et de lui permettre de « dégager les ressources de trésorerie appropriées au regard de ses engagements financiers pour l’ensemble de l’année 2011 ». Poweo a en effet souffert d’une activité déficitaire de vente d’électricité.

En attendant l’application de la loi Nome

Pour autant, le groupe français va poursuivre son activité de commercialisation d’énergie. Poweo attend l’entrée en vigueur de la loi Nome, dont les décrets d’application doivent être publiés au premier semestre 2011. Ils lui permettront de « définir les nouveaux contours de son modèle économique et de son positionnement concurrentiel ». En effet, la loi Nome crée le système d’Accès régulé au nucléaire historique (Arenh), qui contraint EDF à vendre jusqu’à un quart de la production d’électricité de ses centrales nucléaires à ses concurrents. « Il faut maintenant que le prix de cession de la production nucléaire d'EDF soit le plus équilibré possible, proche de 35 euros » par mégawattheures, a commenté le patron de Poweo, Charles Beigbeder. Un tarif demandé bien inférieur à celui évoqué par le PDF d’EDF, Henri Proglio, qui est opposé à une cession inférieure à 42 euros.

Le groupe avait fait savoir en novembre qu’il étudiait diverses options stratégiques afin de « restaurer sa génération de trésorerie d’exploitation, en attendant la mise en œuvre de la réforme du marché de l’électricité, qui pourrait lui donner accès au nucléaire d’EDF à des conditions avantageuses ». Une étape a été franchie avec la cession effectuée le 21 décembre. Et Charles Beigbeder de conclure : « on ne le fait pas de gaieté de cœur, mais c’est la seule solution pour survivre ».


 

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

2 réactions

zelectron | 23/12/2010 - 14H54

Le seul et unique moyen de créer une véritable concurrence à EDF c'est de "geler" toutes nouvelles constructions dans tous les domaines énergétiques en France pour une durée de 5 ans renouvelables après examen des résultats par la chambre des députés. Les autres entreprises pourraient ainsi faire preuve d'innovation et réussites sans risquer d'être "écrasées" par le rouleau compresseur EDF.

Signaler un abus |  CITER

Wilfrid Meffre | 22/12/2010 - 19H22

Surréaliste !

Poweo voudraient nous revendre avec de bonnes marges une électricité qu'ils ne produisent pas, et qu'ils achèteraient ainsi à vil prix à EDF.

Et EDF sera au besoin renfloué avec l'argent du contribuable pour investir et démanteler son parc nucléaire vieillissant qui a connu beaucoup de problèmes de corrosion et d’entretien plus coûteux que prévu.

De qui se moque t’on ? Poweo est une de ces nombreuses sociétés financières qui ne produisent aucune valeur ajoutée pour la France et pour les français. Si on les laissait faire on aurait un ENRON Bis.

Signaler un abus |  CITER


Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter