imprimer

Pour Nicolas Sarkozy, "un nouveau cycle économique a commencé"

Par Solène Davesne - Publié le
Nicolas Sarkozy - Toulon - Décembre 2011
© D.R.

Dans son discours le 1er décembre à Toulon, le chef de l'Etat a présenté les grandes lignes de sa politique pour sortir de la crise. Au programme : la convergence avec l'Allemagne, maîtrise des dépenses et réforme du financement de la protection sociale.

Toulon se prête décidément aux grands discours de politique économique . En 2008, c'est là que le président de la République avait appelé à la moralisation du système financier et à la refonte du capitalisme. Là aussi où il avait juré de protéger les Français de la crise bancaire. Trois ans après, Nicolas Sarkozy s'est prêté encore une fois à l'exercice en détaillant à nouveau sa vision économique - et son programme - pour sortir de la crise. Mais cette fois-ci, la situation est encore plus grave.

"Aujourd'hui, la peur est revenue", assure le chef de l'Etat, qui fustige "cette peur qui détruit la confiance, qui paralyse le consommateur, qui empêche l'entrepreneur d'investir". Pour la surmonter, Nicolas Sarkozy prône un discours de "vérité", alors que l'Europe traverse "la pire des crises économiques depuis trois quart de siècle". Il n'est plus guère question de rassurer les Français.

Cette vérité pour le chef de l'Etat, c'est qu'un "nouveau cycle économique commence", qui sera "bien différent du précédent". "Le cycle qui s'annonce sera un cycle de désendettement, qui ramènera le balancier de l'économie vers le travail et la production que les pays développés avaient trop sacrifiés", assure Nicolas Sarkozy, pour qui ce nouveau cycle est "une véritable révolution".

Pour préparer le pays à ce nouveau cycle de croissance, le chef de l'Etat entend faire le "choix de l'effort et de la maîtrise de nos dépenses" mais aussi du "travail". Car "depuis des décennies, nous dépensons trop et souvent mal", assure le chef de l'Etat qui défend le maintien de la règle du non-renouvellement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Des efforts qui doivent intervenir alors que, le chef de l'Etat le reconnait, "beaucoup de Français souffrent malgré les mesures prises depuis trois ans". Mais "entre la baisse des pensions de retraites et travailler plus longtemps, je choisis travailler plus longtemps", jure le chef de l'Etat qui se fait plus polémique quand il attaque les 35 heures ou la retraite à 60 ans, "des fautes graves qu'il faut réparer".

"Refonder l'Europe"

Pour mettre en phase l'économie française avec les "conditions de notre époque", Nicolas Sarkozy veut aussi ouvrir le chantier du financement de la protection sociale, dont la réforme est une "urgence absolue". "Nous ne pouvons pas financer notre protection sociale en prélevant uniquement sur les salaires quand les frontières sont plus ouvertes", juge-t-il. Pour sortir de la crise, pas question par contre de toucher aux allégements sur les heures supplémentaires.

Autre dossier délicat : celui de l'emploi. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il inviterait tous les partenaires sociaux en janvier pour un sommet de l'emploi où ils devront "apporter des propositions et avoir le courage de lever les tabous sur les freins de la compétitivité française". Car pour le chef de l'Etat, "on n'a pas tout essayé sur l'emploi" même s'il reconnait que seule la croissance viendra à bout du chômage.

Mais c'est surtout sur l'Europe que le discours de Nicolas Sarkozy s'est fait le plus précis. Rappelant fermement que "l'isolement n'est pas la solution", il a appelé à "refonder l'Europe". Le président français partage avec Angela Merkel, la chancelière allemande attendue lundi à l'Elysée, une même ambition : négocier un nouveau traité européen, qui redéfinisse les règles du jeu dans la zone euro.

Pour sortir de la crise, le président croit fermement à la convergence avec l'Allemagne, un choix sur lequel il "n'entend pas revenir". Au passage, Nicolas Sarkozy a critiqué le "dumping social et fiscal" qui existe au sein de ses Etats membres. "L'Europe ne peut pas laisser ses groupes industriels à la merci de tous les prédateurs du monde parce qu'elle les interdit de se regrouper au nom d'une fausse conception de la concurrence", a encore attaqué le chef de l'Etat, qui exhorte Bruxelles à "ne pas ignorer l'absolue nécessité d'une politique industrielle" et à défendre pied à pied ses intérêts commerciaux dans ses relations avec ses autres partenaires économiques.

Pour renforcer la discipline budgétaire, il prône aussi l'adoption de la règle d'or budgétaire par tous les pays de la zone euro, y compris en France "idéalement avant l'élection présidentielle" alors que le PS y est opposé. A quelques mois de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy lance les hostilités. Sur la scène du zenith de Toulon, le discours s'achève sur les notes de la Marseillaise. Comme pour un meeting électoral...

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter