Pour la science ex æquo Delphine Keller
Publié le
© Raphaël Dautigny pour « l’Usine nouvelle »
La charmeuse du serpent
Avec ses deux collègues du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), elle a donné vie à un robot de 10 mètres de long, capable de se glisser dans les entrailles irradiées d’Iter… Delphine Keller, 32 ans, du laboratoire List CEA,amis en oeuvre cet étonnant projet conçu par Yann Perrot et coordonné depuis trois ans par Laurent Gargiulo, du CEA de Cadarache. Spécialiste de la mécanique des robots, la jeune femme maîtrise aussi bien l’automatique que l’informatique et les procédés de contrôle par vision. Elle se déplace à moto et pratique la boxe thaï, ce qui peut servir quand on doit travailler, avec sérénité, sur un projet de ce calibre : l’AIA –comprenez Articulated Inspection Arm– est un robot serpent qui explore des enfers technologiques inaccessibles à l’homme... Flash-back. Nous sommes en 2001. «Diplôme de l’université Pierre et Marie Curie de Paris en poche, je décide de rejoindre la prestigieuse équipe du List à Fontenay-aux- Roses», se rappelle Delphine. Le List collabore avec l’Institut de recherches sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) de Cadarache, un autre labo du CEA, pour développer des robots polyarticulés à grand élancement. Autrement dit, des serpents métalliques prêts à se lancer dans les entrailles d’une machine de fusion thermonucléaire comme Iter. «Pendant cinq ans, j’ai fait mes armes en accumulant un riche savoir-faire en mécanique et dans la modélisation des structures complexes», se souvient la jeune femme.
“Au cours de mes études, j’ai eu la chance de rencontrer un professeur passionné qui m’a transmis sa curiosité pour les systèmes robotiques.”
LE DOUTE DÉBOUCHE SUR LA RÉUSSITE
«Ces trois ans de travail ont connu des hauts et des bas, se rappelle Laurent Gargiulo. En 2007, nous avions prévu un an de préparation et d’essais sur une maquette grandeur nature. Trois ou quatre jours avant, envahis par le doute, nous avons décidé d’annuler l’opération pour ne pas prendre de risques. C’est dans la voiture en allant à l’aéroport pour prendre l’avion vers Paris que nous avons fait le point avec Delphine et décidé de maintenir le test. L’opération a été pleinement réussie à la grande satisfaction de toutes les équipes.» Depuis quelques mois, Delphine Keller a quitté son labo de Fontenay-aux-Roses pour d’autres aventures technologiques. Elle a intégré un autre bureau d’études : celui du CEA à Cadarache.
Mirel Scherer
Dossier
Ingénieurs de l'année le palmarès 2009
- Pour un entrepreneur Christian Val
- Pour un Jeune ingénieur Dorian Colas
- Pour un développement durable Corinne Verdier
- Pour un Projet Industriel Jean-François Bérard
- Pour l’innovation Pascal Montès
- Pour un début Prometteur Katarzyna Chuda
- Pour la science ex æquo Jean-Luc Gach
- Pour la science ex æquo Delphine Keller
- Pour l’ensemble de sa carrière Daniel Ferbeck
- Les lauréats du PIA 2009 en feuilletage

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












