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L'Usine Santé

Pour l’AFM Téléthon, "la dernière étape est de mettre les traitements à disposition des patients"

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Ce week-end, le Téléthon fête ses trente ans. l'AFM-Téléthon vient de se lancer dans la fabrication industrielle des médicaments de thérapie innovante avec la co-création d'YposKesi. Frédéric Revah, à la tête de ce nouvel acteur industriel, décrypte ce tournant.

Pour l’AFM Téléthon, la dernière étape est de mettre les traitements à disposition des patients
Frédéric Revah a pris les rênes d'YposKesi,le premier industriel français dédié à la production de médicaments de thérapies génique et cellulaire.
© AFM-Téléthon/Christophe Hargoues

Ces 2 et 3 décembre, le Téléthon tient sa trentième édition. Un cap que la puissante Association française contre les myopathies (AFM) passe en se lançant dans une nouvelle aventure, celle de la phase industrielle. Début novembre, l’AFM-Téléthon et le fonds d’investissement SPI, géré par BpiFrance, ont lancé une entreprise commune, YposKesi. Son ambition : réussir l’industrialisation des médicaments de thérapie innovante. A l’horizon 2021, sa plate-forme industrielle, en cours d’agrandissement à Evry (Essonne), devrait faire 13 000 m2, répartis en trois bâtiments, et compter près de 300 ingénieurs, pharmaciens et experts. Président du Généthon et désormais d’YposKesi, Frédéric Revah décrypte les enjeux du passage de l’AFM Téléthon dans cette phase industrielle.

L’Usine Nouvelle - L’AFM Téléthon fête cette année ses trente ans. Pourquoi se lancer dans la fabrication de médicaments ?

Frédéric Revah – Depuis 30 ans, l’AFM Téléthon explore de manière pionnière la thérapie génique et la thérapie cellulaire. Nous nous sommes d’abord investis dans la compréhension des maladies rares, ce qui nous a permis de tracer les cartes du génome. Puis nous avons travaillé au développement de thérapies innovantes : la thérapie génique avec Généthon et la thérapie cellulaire avec I-stem, qui ont fait leurs premières preuves d’efficacité dans le traitement de maladies rares du cerveau, du sang, de la vision, du système immunitaire, .... La dernière étape est de mettre ces traitements à disposition des patients. Il fallait donc s’engager dans une phase industrielle.

Pourquoi ne pas faire appel à un sous-traitant et choisir de produire par vous-même?

Nous avons acquis un savoir-faire unique dans la compréhension de ces thérapies. Nous avons déjà mené des essais cliniques de thérapie génique et nous disposons d’un premier bâtiment, Généthon BioProd, qui fabrique à échelle préindustrielle des traitements de thérapie génique pour les essais cliniques. En 2008, nous avons conçu ce bâtiment parce qu’il n’y avait pas de sous-traitant. Aujourd’hui, certains commencent à apparaître mais leur taille reste modeste. Or avec Généthon BioProd, nous avons accumulé des savoir-faire, des compétences et une expérience sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour construire l’étape suivante. Et puis il est important pour nous d’avoir la capacité d’amener nos médicaments jusque sur le marché, selon nos règles et nos valeurs. Nous voulons que nos médicaments soient vendus à un prix juste et maîtrisé.

Comment pouvez-vous assurer ces prix justes et maîtrisés?

Au sein d’YposKesi, ce nouvel acteur industriel que nous venons de créer avec BPI France, il y aura un comité constitué d’experts extérieurs qui nous aidera dans la définition des prix au cas par cas. Un prix juste et maîtrisé ne doit pas constitué un obstacle dans l’accès des patients au traitement. C’est aussi un prix transparent sur les coûts. Quand nous proposerons un prix, nous le ferons en exposant les coûts de R&D et de production, auxquels nous ajouterons une marge pour pérenniser la structure. L’industrialisation peut nous permettre de faire baisser les coûts grâce aux économies d’échelle. Cette volonté de transparence explique également pourquoi nous avons voulu contrôler cette phase d’industrialisation.

La fabrication d’un médicament génique a-t-elle des spécificités ?

Les médicaments de thérapie génique sont extrêmement complexes. Ils combinent un gène avec des composantes de virus reconstituées en laboratoire, ce qui fait qu’ils sont aujourd’hui les plus compliqués à construire de tous les candidats-médicaments. A titre d’exemple, la molécule d’un médicament de thérapie génique est 10 000 fois plus complexe que celle d’une aspirine. Ces traitements utilisent les technologies de biotechnologie poussées à leur maximum. Dans le cas de la myopathie de Duchenne par exemple, il nous faut encore inventer des méthodes de production à grande échelle pour pouvoir proposer les traitements en cours de développement à tous les patients. Cela nécessite de connaître intimement nos produits, mais aussi d’avoir une réelle capacité à innover en matière industrielle.

Sur qui comptez-vous vous appuyer pour avoir cette capacité à innover industriellement ?

Aujourd’hui, notre structure compte 120 personnes, des anciens de Généthon BioProd et de I-stem. Mais elle va grandir. Nous sommes en train de recruter des talents supplémentaires et un nouveau directeur général qui va nous rejoindre en janvier. Nos recrutements portent sur des experts en biothérapie et sur des experts du développement industriel.

Quelles sont les prochaines étapes pour YposKesi et votre plate-forme ?

Nous allons avoir deux bâtiments supplémentaires. Fin 2018, nous aurons réaménagé un bâtiment qui existe déjà et d’ici 2021 nous en aurons construit un troisième. La plate-forme industrielle aura plusieurs aspects. D’abord produire pour les besoins des essais cliniques de Généthon, d’Istem et d’acteurs tiers, et cela est engagé. Ensuite intégrer des candidats médicaments qui auront montré de premières preuves d’efficacité et en assurer la fin du développement clinique. Le troisième aspect, c’est celui de l’innovation industrielle. A terme, nous voulons être reconnus comme le leader européen du développement et de la fabrication des traitements de thérapie génique et cellulaire.

Propos recueillis par Marion Garreau

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