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Pour Jean-Pascal Tricoire, "les entreprises ont un rôle clé à jouer sur les enjeux de la COP21"

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Entretien Pour Jean-Pascal Tricoire, le PDG de Schneider Electric et coprésident du Business and climate summit qui se tiendra à Paris le 20 et 21 mai, les industriels doivent proposer des solutions contre le réchauffement climatique.

Pour Jean-Pascal Tricoire, les entreprises ont un rôle clé à jouer sur les enjeux de la COP21

L'Usine Nouvelle - Quel message comptez-vous délivrer lors du Business and climate summit ?

Jean-Pascal Tricoire - Nous voulons montrer l’engagement des entreprises sur les enjeux de la COP21. Particulièrement la volonté de contenir l’augmentation des températures dans la limite des 2 °C, alors que les trajectoires tendent vers 3,5 °C à 4 °C. Même si l’industrie ne représente que 30 % de la consommation énergétique donc des émissions, elle a un vrai rôle à jouer dans ce combat. Les entreprises agissent depuis longtemps sur la réduction de leur empreinte car leur consommation d’énergie conditionne de façon importante leurs coûts et leurs résultats. Elles ont donc des solutions à proposer.

Lesquelles ?

Chez Schneider Electric, en tant que fournisseur de systèmes et de softwares, nous avons pu constater que les acteurs industriels – qui devaient répondre économiquement et commercialement de leurs comportements énergétiques – avaient dans ce domaine un engagement et une avance très supérieurs par rapport aux autres acteurs, notamment ceux de l’urbanisation et particulièrement des collectivités locales. Dans le secteur des datacenters par exemple, il existe une volonté réelle de diminuer la consommation d’énergie par unité de calcul. Ainsi, le PUE, le rapport entre l’énergie entrante dans le datacenter et l’énergie utilisée réellement par les serveurs, est passé de 2 à 1,2 en cinq ans… et nous serons bientôt à 1. C’est un progrès considérable.

Les entreprises ont-elles des objectifs communs ?

Par le passé, il y avait parfois des intérêts divergents. Aujourd’hui, les entreprises se rejoignent sur le sujet du climat, qu’elles soient productrices-extracteurs d’énergie ou qu’elles soient consommatrices. On retrouve ainsi des points d’accord fondamentaux comme la nécessité d’un prix du carbone stable, prévisible et fiable.

Est-il possible de s’entendre sur un prix du carbone au sommet de Paris ?

Je ne sais pas si on va y arriver, mais on n’a jamais été aussi proche d’y parvenir. Ce prix doit être prévisible et stable, car pour investir les entreprises ont besoin de visibilité.

Conclure un accord sur la réduction des émissions, cela ressemble à un vœu pieux...

Après chaque sommet (Copenhague, Cancún…), les médias ont tendance à parler d’échec. Mais si on prend dix ans de recul, on constate que les progrès sont énormes. Il fut un temps, y compris en France, où la validité scientifique du changement climatique était questionnée. À présent, c’est rare. Cinq ans après Copenhague, toutes les entreprises ont des objectifs de réduction de leur consommation, ainsi que la plupart des pays. Les idéalistes rêvent d’un grand contrat multilatéral qui engagerait tout le monde. Ce n’est sans doute pas réaliste. Si au terme d’une réunion préparatoire, ou de la COP21 il apparaît que tout le monde prend des engagements ce serait déjà formidable. Plus puissant que l’obligation, il y a l’émulation !

Vous croyez donc au rôle des grand-messes que sont les COP…

La COP est une des étapes d’un voyage de fond qui est engagé depuis longtemps. Celle de Paris arrive probablement à point nommé. Les États-Unis, la Chine et l’Europe sont engagés dans le processus. Dans un passé récent, il y a eu multiplication des désordres climatiques, des guerres pour la maîtrise des sources énergétiques et des phénomènes de migration liés partiellement aux problèmes des ressources posés par les changements climatiques. On ne peut plus traiter le sujet du climat à la légère.

Faut-il prendre des engagements très forts ?

En France, on croit aux révolutions, le reste du monde, fort heureusement, croit plus aux évolutions. Quand on regardera l’histoire dans quelques années, on réalisera que nous sommes la première génération à savoir et la dernière à pouvoir changer le cours de l’histoire climatique. Il y a encore sur Terre cinq milliards de personnes sur sept milliards qui n’ont pas un accès décent ou fiable à l’énergie. Nous avons le devoir d’agir et d’amener 70 % de la population à un accès équitable à l’énergie tout en s’assurant que la planète reste vivable. C’est une belle mission. Cela vaut le coup de se réunir. Je connais beaucoup de réunions qui traitent de sujets moins intéressants.

La France va voter sa loi de transition énergétique. Vous aviez appelé dans « L’Usine Nouvelle » à ne pas faire l’impasse sur l’efficacité énergétique. Avez-vous été entendu ?

Pas suffisamment. La France n’a pas de ressources naturelles d’énergie à part son hydraulique, son soleil et son vent. Elle reste très dépendante de l’importation d’énergies fossiles. Sa première ressource, ce sont donc les économies d’énergie. Les entreprises s’y sont intéressées et ont innové dans ce sens. Le problème est que les nouvelles technologies, telles que celles que proposent Schneider Electric et d’autres, sont encore mal intégrées dans les règles de conception et de construction. Il faut qu’on travaille avec tous les acteurs pour avancer plus vite.

Qui porte ces nouvelles technologies ? Les électrotechniciens comme Schneider Electric ou les pure players numériques comme Google, IBM et autres ?

Chez Schneider Electric, toutes nos technologies sont numériques ! Dès 1995, nous avons apporté sur le marché le « transparent factory », un concept qui consistait à faire converger les technologies internet avec les technologies d’automation industrielle. C’était l’internet des objets avec vingt ans d’avance. Aujourd’hui, nous travaillons avec des partenaires du digital. Et si Apple ou Google fournissent des plates-formes ouvertes, cela nous permet d’y accrocher nos outils. J’y vois plus de complémentarité que de concurrence.

Le numérique contribue-t-il à lutter contre le réchauffement de la planète ?

Il permet de mettre l’environnement, les machines qui nous entourent, au service de l’utilisateur et de minimiser leur consommation et leurs émissions en pilotant finement le comportement. Le mobile simplifie radicalement l’interface de l’homme avec son environnement. Le partage d’information numérique permet de connecter les écosystèmes. Par exemple, reporter la mesure en temps réel dans l’industrie est la base du succès de tout plan d’action… et de l’émulation, donc du progrès et de l’innovation.

À Hongkong d’où vous dirigez Schneider Electric, comment est appréhendée la question du réchauffement climatique ?

La traduction la plus perceptible du problème en Chine, ce sont les émissions de particules. C’est un sujet crucial dans tous les discours politiques chinois et sur les réseaux sociaux. La Chine a bien compris que le développement vert était vital pour le pays et une très grosse opportunité de business.

Propos recueillis par Olivier Cognasse et Ludovic Dupin

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