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Pour faire la différence, évaluez les compétences

Par JEAN-CHRISTOPHE BARLA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3259

Ortec, spécialiste des services à l'industrie et à l'environnement, anticipe les besoins liés à ses projets d'expansion et veut accroître sa compétitivité. Grâce au projet O'Métier, les compétences de 2 000 collaborateurs sont passées au crible.

Dix millions d'euros. C'est l'investissement d'Ortec dans O' Métier, le programme d'évaluation des compétences et de formation de 2 000 collaborateurs. Le groupe de services à l'industrie et à l'environnement implanté à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) prévoit un chiffre d'affaires de 645 millions d'euros en 2011. Il veut franchir l'année prochaine le cap du milliard... s'il finalise ses projets d'acquisitions. Externe ou interne, la croissance dans le service repose sur les hommes. « Depuis quelques années, les entreprises françaises se heurtent à un problème majeur de perte de compétences sur le terrain, explique André Einaudi, le président d'Ortec. Un joint mal monté, une soudure défaillante, c'est toute une installation industrielle qui est en péril, avec en corollaire, une perte de compétitivité. » Le groupe souhaite donc se différencier par la haute technicité de ses salariés.

La démarche, prévue sur deux ans, a débuté par un inventaire des métiers du groupe auprès des 3 400 collaborateurs des 72 agences françaises. « Du secrétariat au commercial, en passant par la mécanique, la métallurgie ou le levage, nous en avons identifié 43. Puis nous avons défini ce que nous attendions de nos opérateurs, agents de maîtrise et cadres », explique Bernard Greder, le directeur général adjoint. Huit métiers ont été ciblés comme étant le coeur opérationnel des activités d'Ortec. Ils correspondent à des expertises rares : métallurgie, maintenance, nettoyage. « Notre "corps d'élite" d'ouvriers, les "Casques d'or", nos chefs d'équipe, de secteur ou d'agence, ont détaillé les exigences requises pour ces postes. Ensuite, nous avons établi les référentiels avec des ingénieurs de l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes », précise André Petit, le chef du projet O'Métier. Chaque salarié remplit le questionnaire-métier qui le concerne. Puis, lors d'un entretien individuel, les savoir-faire qu'il maîtrise et ceux pour lesquels sa mise à niveau s'impose sont listés.

Crédibilité et confiance

Six cent cinquante personnes ont suivi ce processus, dont près de 140 au Gabon où le groupe a décroché un contrat pour Total. Les autres passeront avant la fin 2012. « Ils sont avides de savoir comment ils se positionnent. Ils sentent que nous reconnaissons une vraie valeur à leur métier », confie André Petit. D'après lui, O'Métier permet de détecter des potentiels susceptibles de gagner en responsabilité. L'école interne d'Ortec, Elée, formera aux métiers qui ne disposent pas de filière de formation diplômante. Pour les autres, le groupe travaillera avec des organismes agréés. Des référentiels métiers sont en cours d'élaboration, dans la mécanique, pour les chargés d'affaires ou les chefs de secteur. « Quand les marges se resserrent, nous devons réussir du premier coup nos interventions. O'Métier améliorera notre productivité et notre crédibilité pour préserver la confiance de nos clients », conclut André Einaudi.

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