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Pour être payé, attendez 15 jours

Le 09 février 2010

Les retards de paiement restent élevés en 2009, même s'ils se stabilisent. L'étude d'Altares montre surtout une situation contrastée selon les pays ou les secteurs. Mieux vaut avoir pour créancier l'administration allemande qu'un transporteur britannique ou une entreprise immobilière espagnole.

L'allongement des délais de paiement n'est jamais bon signe : il traduit les difficultés de trésorerie rencontrées par les entreprises. D'où l'intérêt du baromètre publié régulièrement par Altares. Comme de nombreuses statistiques parues ces dernières semaines, il indique l'entrée de l'économie européenne dans une zone de transition. En fin d'année, une amélioration se dessine, encore insuffisante cependant pour effacer l'effet des turbulences passées. Ainsi, en est-il du délai de paiement moyens qui a atteint en 2009 14,8 jours, « un niveau élevé proche de celui 2003 », résume Altares dans son étude.

Mauvaise situation au Royaume-Uni ou en Espagne

Toutefois, alors que ce délai avait augmenté en 2008, il tend à se stabiliser à 2009, confirmant qu'après avoir sombré l'économie se rétablirait tout doucement. En outre, ce chiffre global pour toute l'Europe masque de profondes disparités entre les économies, dessinant une carte des zones plus ou moins touchées par la crise.

Ainsi, au Royaume Uni ou en Espagne, les délais de paiement ont continué de s'accroître, atteignant respectivement 18,8 jours et 21,2 jours au dernier trimestre. Simultanément, en Allemagne, la durée moyenne tombait à 9 jours.

L'industrie en position intermédiaire

Avec un retard de 12 jours, la France connaît une situation intermédiaire stable depuis la fin de 2008. Traduction : près d'un tiers (32,6 %) des entreprises françaises paie ses fournisseurs dans les délais prévus, ce qui signifie que plus des deux tiers paient hors délais. Toutefois, la situation française se caractérise par un retard  fréquent mais relativement faible.  Seulement 5,6 % des entreprises règlent avec un retard supérieur à 30 jours. A titre de comparaison, c'est une entreprise sur 10 qui connaît des retards d'une telle ampleur en l'Europe.

Les résultats français indiquent des situations très contrastées selon les secteurs. La plupart d'entre eux (commerce, administration ou même bâtiment) figurent parmi les meilleurs élèves d'Europe. La situation de l'industrie est un peu plus préoccupante : « les retards de paiement étaient de 11,2 jours sur les 6 premiers mois de 2009 mais remontent à 11,6 jours durant l'été et terminent à 11,8 jours fin 2009 » rappelle Altares. On reste loin des 40 jours observés pour le entreprises espagnoles du secteur immobilier !
Pour l'ensemble de l'Europe, c'est d'ailleurs l'immobilier qui est le secteur qui connaît les délais les plus élevés (20,7 jours en 2009), suivi du commerce de détail (16,2) le transport (15,9) le bâtiment (14,9) et l'industrie (14,1, autant qu'en 2008). La légère amélioration notée au troisième trimestre 2009 n'a pas été confirmé en fin d'année. La situation est à relativiser, comme le rappelle Altares : « le secteur présente le ratio de retards supérieurs à 30 jours le plus bas à 8,7 % ».

Christophe Bys

L'étude peut être téléchargée sur le site d'Altares : ici
 

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