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L'Usine Santé

Pour bioMérieux, L’avenir est numérique

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Alors que les big data s’apprêtent à révolutionner la médecine, le français, qui figure parmi les leaders mondiaux du diagnostic, peaufine des équipements de nouvelle génération. Son credo : automatisation et digitalisation.

Pour bioMérieux, L’avenir est numérique
Dans son usine de Florence (Italie), bioMérieux produit des équipements de plus en plus automatisés.

Un champion du diagnostic

  • Chiffres d’affaires 1,57 milliard d’euros en 2012 (+ 6,8% à devises constantes)
  • Ventes 87% sont réalisées à international, un tiers dans les pays émergents.
  • Effectif plus de 7 500 salariés
  • Rang 7e industriel mondial du secteur
À l’hôpital, une forte fièvre se déclare chez un patient. Signe d’une infection généralisée de l’organisme Pour le vérifier, le médecin prescrit un test de diagnostic. Une prise de sang plus tard, l’échantillon est conduit, sur un tapis roulant, jusqu’à un large automate installé dans le laboratoire d’analyses médicales de l’hôpital. Le flacon y est chargé, étiqueté, son remplissage contrôlé. L’échantillon, remué en permanence, y séjournera quelques jours, certaines bactéries se développant très lentement. S’il est positif aux micro-organismes recherchés – soit une fois sur dix –, une alerte informatique est envoyée directement sur l’écran du poste de travail du biologiste. Vite ! Il doit procéder à la "coloration" de la goutte du sang incriminé pour peaufiner le diagnostic et le communiquer au médecin afin de fixer le meilleur traitement. 

Ce scénario se déroule déjà dans le Laboratoire du futur de bioMérieux, à son siège de Marcy-l’Étoile, près de Lyon (Rhône). Ouverte il y a deux ans, cette salle high-tech est méconnue. Son accès est réservé, sous le sceau de la confidentialité, à quelques clients VIP venus du monde entier découvrir les pépites technologiques du spécialiste français du diagnostic. Ici, il produit des tests (réactifs), des équipements et des logiciels. Le groupe ne souhaitant plus vendre un instrument, mais une solution et une stratégie. L’ambition Aller vers toujours plus d’automatisation et de digitalisation. "C’est plus qu’une révolution. Dans les dix ans à venir, le métier ne sera plus du tout le même", prévient Jean-Luc Bélingard, le PDG de bioMérieux. Grâce aux innovations des industriels pour réduire le temps de rendu des résultats et améliorer la qualité des tests de diagnostic. "L’avenir est dans l’optimisation de la productivité des laboratoires d’analyses médicales et la connexion avec les systèmes de gestion du patient, au niveau du médecin ou de l’hôpital", estime Loïc Plantevin, associé chez Bain & Company à Paris.

Un labo big data

Exactement ce que prépare BioMérieux dans son Laboratoire du futur. Là, couplé à de nouvelles technologies d’imagerie, un incubateur intelligent transforme en quelques secondes un échantillon en objet numérique… Les images sont envoyées via un logiciel au biologiste. Celui-ci les interprète à distance, transmet les clichés à un expert. Fini le temps où le technicien devait détecter à l’œil nu l’éventuelle présence de colonies, quitte à manquer certains pathogènes ! Faire converger la robotisation, les technologies de l’information et les sciences de la vie, c’est l’objectif que s’est fixé bioMérieux. Lui qui investit annuellement 11% de ses revenus en R & D, connecte la plupart de ses équipements à son logiciel Myla. Données provenant des machines et du système d’information du laboratoire, antécédents, voire bientôt génome du patient fourni par l’hôpital : Myla les transforme en informations exploitables par le biologiste.

"Les professionnels de la santé, les payeurs et les autorités de régulation essayent d’améliorer l’efficience du système de soin, en s’appuyant sur une meilleure exploitation des données, afin d’avoir une meilleure visibilité sur l’efficacité des traitements et des outils de diagnostic, observe Loïc Plantevin. La capacité à produire de la donnée intelligente, qui s’intègre dans cette réflexion, est absolument primordiale pour les industriels du diagnostic." Et indispensable à l’heure où la médecine personnalisée permet d’affiner les traitements en déterminant à l’aide de leur profil génétique si les patients y seront réceptifs. Les outils pour y parvenir génèrent des quantités massives de données. C’est le cas pour le séquençage de l’ADN du patient ou des agents pathogènes, sur lequel travaille bioMérieux, avec le Genome institute de la Washington university de Saint-Louis (Missouri), pour constituer une base de données. C’est aussi le cas pour le développement de tests de diagnostic combinés à des traitements, comme le fait le français avec deux grands laboratoires pharmaceutiques, Ipsen et GSK. Pour intégrer au mieux la révolution engendrée par les big data dans son métier, bioMérieux va inaugurer à La Balme-les-Grottes (Isère) un bâtiment qui rassemblera 200 chercheurs spécialisés en microbiologie, ingénierie et technologies de l’information. Un investissement de 10 millions d’euros. Dans l’espoir d’aller, demain, vers un diagnostic en temps réel… 

Le diagnostic se consolide

BioMérieux a profité de la Fête des lumières à Lyon pour fêter ses cinquante ans. Sur un marché du diagnostic d’environ 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), le français se classe septième mondial, loin du leader suisse Roche Diagnostics. Mais le marché est très segmenté. "Plus de 70% de notre chiffre d’affaires est fait de positions de leadership mondial, en diagnostic des maladies infectieuses et en contrôle de qualité industrielle", précise Jean-Luc Bélingard, son PDG.

Face à un marché européen stagnant, bioMérieux n’anticipe que 3% à 5% de croissance pour 2013, malgré la reprise aux États-Unis et une croissance à deux chiffres dans les pays émergents. Mais il s’apprête à changer de taille, avec l’intégration d’ADN BioFire, acquis en septembre pour près de 350 millions d’euros. "Depuis 2008, le marché tourne autour de 6%, une tendance qui devrait se maintenir. Avec le ralentissement de la croissance, on a vu ce marché commencer à se consolider, observe Loïc Plantevin, de Bain & Company. Roche ou bioMérieux ont essayé de compléter leur portefeuille en se montrant proactifs." 

Usine Nouvelle N°3357-3358

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