Pôles de compétitivité : des efforts à faire à l'International
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leDes progrès à l'international, mais peut mieux faire ! C'est le message que le gouvernement a voulu adresser aux pôles de compétitivité en ce début de printemps. « Nous avons une série de moyens pour permettre aux pôles de s'internationaliser. Car nous pensons que c'est important, que cela peut leur rapporter gros et qu'ils ne savent pas forcément tous faire », a déclaré François Loos, le ministre délégué à l'Industrie.
Créés en juillet 2005, la plupart des pôles ont en effet jusqu'ici plutôt passé leur temps à régler leurs problèmes de structure et de gouvernance, qu'à s'intéresser à la question internationale. Depuis l'automne 2006 néanmoins, des initiatives se développent (cf. L'Usine Nouvelle, n°3032 du 23 novembre 2006). Le pôle provençal SCS, pour Solutions communicantes sécurisées, a par exemple profité du dernier forum des pôles, à Sophia-Antipolis, le 17 novembre dernier, pour officialiser son partenariat avec le technopôle tunisien El Ghazala, qui regroupe les pôles des technologies de l'information et de la communication de Tunis, Sfax et Sousse. Le pôle nordiste textile Up-Tex a signé récemment avec son homologue, tunisien également, de Monastir, composé de plusieurs sociétés travaillant en sous-traitance avec la France. Agropolis et le technopôle avignonnais Agroparc viennent de conclure un accord avec le technopôle agroalimentaire de Bizerte.
Toutefois, comme le pôle francilien System@tic, qui s'est rapproché du cluster hollandais des nanotechnologies Point-One et du cluster allemand des transports SafeTrans, la majorité songe d'abord à ses voisins européens. Viennent ensuite les grands pays avancés, Etats-Unis et Canada en tête, puis les pays émergents. «On remarque à ce stade que les pôles n'ont pas arrêté leur choix. Chine, Inde, Brésil, Russie, tous à la fois ? Rien n'est encore figé», observe Bernard de Montferrand, ex-ambassadeur au Japon, conseiller diplomatique en charge de l'internationalisation des pôles. Même si, bien entendu, des régions s'imposent dans certains secteurs.
Pour aider les pôles de compétitivité à sortir de leurs frontières et à trouver les bons partenaires, les Missions économiques des Ambassades françaises à l'étranger ont mis en place une cartographie des clusters qui comptent dans le monde. Elles ont également pour mot d'ordre de traiter en priorité les projets émanant des pôles.
De son côté, la Direction générale des entreprises (DGE) a passé l'an dernier 12 conventions avec les pôles, pour un montant d'environ 400 000 euros. Ces accords ont permis par exemple au pôle Industrie et agro-ressources de prospecter le Brésil.
Par ailleurs, pour promouvoir l'image des clusters à la française, la DGE a organisé avec la DGTPE et Ubifrance deux opérations collectives en 2006. L'une sur les biotechnologies au Japon en septembre, l'autre sur l'optique photonique au Canada en novembre. Pour 2007 sont prévues une mission pour les énergies renouvelables en Inde en avril et deux missions pour les biotechnologies. La première aux Etats-Unis à l'occasion du Bio Boston en mai, l'autre en juin en Inde pour le Bio Bangalore. Il est question également d'une mission au Brésil, pour les technologies propres, en juin, en coopération avec l'Onudi, ainsi que de rencontres d'acteurs de pôles axés sur les biotechnologies au cours du second semestre. A moins que les élections présidentielles ne viennent modifier le programme.
Valérie Marcellin
Pour en savoir plus :
- Lire notre dossier sur les pôles de compétitivité

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