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Polco invente l'ardoise en béton de polyuréthane

Par THIERRY LUCAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3043

Après quatre ans de développement, la commercialisation de cette ardoise de synthèse est lancée.

Il a la couleur et l'aspect de l'ardoise, mais il est deux fois plus léger et résiste mieux aux intempéries. Le béton de résine Polyard, mis au point par Polco pour fabriquer des ardoises de synthèse, a donc de sérieux atouts pour s'imposer sur le marché de la couverture.

Surtout, cette solution innovante a largement dépassé le stade du laboratoire. L'unité de Polco, installée à La Roche-sur-Yon (Vendée), a fabriqué 8 000 m2 de Polyard en 2006. « Nous disposons d'une capacité de production de 100 000 m2 par an, et notre objectif est d'atteindre 1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2007 », affirme Michaël Odille, 34 ans, le directeur d'exploitation de Polco.

Depuis un an, c'est lui qui assure la direction opérationnelle de l'entreprise, créée en 2000 par Jean Tessier. Après avoir revendu son entreprise de mobile homes, cet entrepreneur, toujours principal actionnaire de Polco, voulait en effet monter un projet d'entreprise innovante. C'est lui qui a supervisé les études pour mettre au point ses ardoises synthétiques, fabriquées par moulage de polyuréthane et de sable et revêtues ensuite d'un film anti UV. Il s'est inspiré de produits existants - les plaques en polyester et sable utilisées pour le sol de salle de bains - et s'est entouré de quatre partenaires industriels (Novance et Huntsman pour les matières premières, Loire Modelage pour le moule et Baulé pour la formulation du polyuréthane), pour la mise au point du moulage de béton de polyuréthane, qui a demandé quatre ans de travail.

une bonne tenue aux intempéries

Le résultat permet de fabriquer en série des ardoises qui bénéfi- cient d'une Atex (Appréciation technique d'expérimentation) du CSTB, en attendant l'avis technique qui facilitera la diffusion du produit.

Solution innovante, l'ardoise Polyard se distingue par sa bonne tenue aux intempéries néfastes aux ardoises naturelles : grêle, gel, cycle de température. Elle se veut aussi compétitive. Selon Polco, le prix pour la réalisation d'une couverture (matériau et pose) devrait être inférieur ou égal à celui d'un toit en ardoises naturelles. Notamment grâce à une pose plus rapide par plaques de 6 éléments (6 plaques couvrent 1 m2). Leur commercialisation a commencé en 2006, grâce à un premier contrat national signé avec le réseau de distribution Point P.

Optimiste, Michaël Odille estime que sa ligne de production sera saturée dans deux ans et demi au plus tard. Un nouvel outil - un carrousel de production - est en préparation pour ajouter 200 000 m2 de capacité annuelle

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