ENQUêTE Les producteurs peinent à répondre à la demande qui atteint des niveaux historiques. Dans les autres secteurs, des filiales de grands groupes investissent et modernisent leurs installations.
Région peu industrialisée - l'industrie dégage moins de 13% de la valeur ajoutée totale - avec un tissu dominé par les PME, le Poitou-Charentes peine à sortir de la crise. Les investissements repartent, mais sont loin de leur niveau de 2007.
Exception à la morosité : le cognac. Ses exportations atteignent des niveaux historiques et il a du mal à répondre à l'explosion de la demande. Le leader du secteur, Hennessy, qui vient d'inaugurer une ligne d'embouteillage ultramoderne de 9 millions d'euros à Châteaubernard (Charente), annonce la construction d'une seconde unité. Rémy Martin construit, lui, un site de stockage et agrandit son unité d'embouteillage de Merpins (Charente). Acteur plus modeste, Louis Royer, filiale jarnacaise du japonais Suntory, a aussi construit une unité de stockage.
Toujours dans le secteur du luxe, la Charente a accueilli en janvier à Montbron un atelier de maroquinerie du groupe Hermès. Une trentaine d'emplois y ont été créés. L'effectif devrait être porté à 250 dans les trois ans.
Des filiales de grands groupes investissent par ailleurs dans la région, comme Davigel (Nestlé) qui consacre 2,5 millions d'euros à la modernisation de son usine de pâte surgelée de Barbezieux (Charente). Dans la chimie, Guerbet, spécialiste des produits de contraste pour l'imagerie médicale, investit 3,8 millions d'euros pour adapter aux normes sanitaires de l'administration américaine ses installations de Marans (Charente-Maritime).
Les investisseurs étrangers sont présents dans la Vienne. Le groupe de télécoms chinois ZTE a lancé un chantier de 20 millions d'euros dans la zone d'activité du Futuroscope, première étape d'un projet de 80 millions d'euros. Au nord du département, à deux pas de la Fonderie du Poitou, l'ouverture du chantier de l'usine Delipapier (groupe italien Sofidel) d'Ingrandes est annoncée pour septembre. L'investissement total atteint 120 millions d'euros et 215 emplois seront créés.
Même la Région met au pot
Dans les Deux-Sèvres, malgré les investissements de plusieurs dizaines de millions d'euros que le groupe allemand Kohl a consacrés à la mise en production des voitures électriques Mia sur une partie du site d'Heuliez à Cerizay, les ventes ne décollent pas. La Région, actionnaire de l'entreprise, a dû apporter 2,5 millions d'euros en capital pour la soutenir.
Près de Niort, le groupe Poujoulat, spécialiste du conduit de cheminée, vient d'investir 9 millions d'euros dans la rénovation de son siège de Saint-Symphorien. Investissement conséquent aussi à Thouars, pour la Compagnie européenne des emballages Robert Schisler, qui a engagé 16 millions d'euros pour étendre et moderniser son site de production de gobelets et de sacs en papier.
Le port de La Rochelle accueille les cimentiers
Le port de La Pallice investira 28 millions d'euros pour rénover son réseau ferroviaire et gagner sur la mer 35 ha de terre-pleins et de quais. Dans la zone portuaire, la coopérative agricole Sica Atlantique investit 6 millions d'euros dans un nouveau portique de chargement des navires, et la société Vracs de l'Ouest, filiale de Lafarge, construit pour 8 millions d'euros une unité d'ensachage de ciments. Mais le projet phare du port de La Rochelle reste l'usine de broyage de béton bord à quai, dont le groupe suisse Holcim a lancé la construction en mars 2011 et qui devrait être mise en service à la fin 2013. Un investissement de 70 millions d'euros pour produire annuellement 580 000 tonnes de ciment.









