Plus de 1 000 postes pourraient disparaître chez Areva en France
Par Barbara Leblanc - Publié le
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Un Areva à deux vitesses Areva prépare un sévère plan d'économies Vivement un plan stratégique chez Areva… Areva pourrait supprimer 1 300 postes en Allemagne[ACTUALISE] - Quelques mois après la catastrophe de Fukushima, la situation économique du groupe nucléaire français pourrait le conduire à sabrer dans ses effectifs partout dans le monde, mais principalement dans les fonctions support de l'Hexagone.
Ce sont entre 2 700 et 2 900 emplois qui pourraient être supprimés par le groupe Areva dans les mois prochains, selon des informations publiées par l'AFP le 21 novembre. La France serait concernée avec plus de 1 000 postes dans le viseur. Selon les sources proches du dossier, ce sont surtout les fonctions support (juridique, finances, communication) qui pourraient être supprimées. Aucun site industriel ne devrait fermer dans l’Hexagone, mais l’éventuel abandon de l’EPR de Penly pourrait changer la donne.
Ces suppressions pourraient intervenir dans le cadre du plan d’austérité qui réduit les investissements et comprend d’importantes cessions. Depuis plusieurs jours, les rumeurs évoquent aussi la suppression de 1 300 emplois en Allemagne, pays ayant décidé de mettre un terme à l’atome d’ici à 2022. Trois usines pourraient aussi fermer aux Etats-Unis et en Belgique (à Dessel).
7 milliards d'euros
Le groupe français subirait les conséquences de la catastrophe de Fukushima intervenue le 11 mars dernier au Japon. Areva devrait amputer de 40% ses projets actuels et entend redescendre ses investissements à 7 milliards d’euros en reportant des projets pour se concentrer sur les plus avancés. Le groupe voudrait aussi se débarrasser des 26% qu’il détient dans le groupe minier Eramet ainsi que sa part de 63% dans le groupe canadien La Mancha.
Le groupe a par ailleurs déjà pris plusieurs mesures d'austérité sur des sites en France, selon l'AFP. Par exemple, il est prévu que 150 salariés de l'usine de composants de Châlon-sur-Saône soient "réaffectés" dans les activités de services nucléaires. La fermeture de l'usine d'enrichissement George Besse 1 sur le site drômois du Tricastin (1.000 employés) sera avancée au premier semestre 2012 au lieu de fin 2012.
Au final, le groupe a pour ambition de parvenir dès 2013 à 500 millions d’euros d’économies annuelles, puis à 750 millions d’ici à 2015. Une manière de répondre aux injonctions de l'Etat désireux de voir les résultats du groupe s'améliorer.
La situation financière du groupe est en effet jugée très difficile en interne. Les effectifs ont augmenté de 11%, plus vite que le chiffre d'affaires, et pour 2011, Areva prévoit un résultat opérationnel de nouveau "lourdement négatif" après la perte opérationnelle de 423 millions en 2010.
Démenti commun
La rumeur de suppressions d'emplois en France intervient quelques heures après un démenti ferme de la part du ministre de l’Industrie. Eric Besson a assuré dès le matin qu’aucune mesure de suppression d’emplois n’est prévue chez Areva. Le groupe nucléaire dément aussi tout licenciement en France. Le ministre de l'Economie, François Baroin doit recevoir le patron du groupe, Luc Oursel, pour évoquer la situation de l'emploi le 22 novembre dans l'après-midi. Il réclame que lui soit présenté le plan stratégique du groupe.
Dès lundi 21 novembre, le ministre a réagi en affirmant que "l'objectif d'amélioration de la rentabilité fixé à Areva par l'Etat actionnaire ne sera pas poursuivi au détriment de l'emploi en France". A cet argument, le ministère ajoute dans un communiqué que "dans le contexte actuel, François Baroin tient à ce qu'Areva, au même titre que toutes les entreprises publiques, soit mobilisée sur le maintien de l'emploi en France. Celui-ci ne doit être en aucun cas une variable d'ajustement".
Réagissant à l'ensemble de ces déclarations, le syndicat CFDT estime que la direction d'Areva a ouvert un front contre les salariés et dénonce un procédé choquant. "Il n'y a aucune logique. On ne nous avait pas habitué à cela. On a jamais vu cela, souligne Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT. Si la situation est compliquée, on fait d'abord un diagnostic, puis on se fixe les moyens. Ensuite, on aborde les questions de compétences et d'effectifs de manière globale".
Le nouveau patron du groupe, successeur à Anne Lauvergeon, doit présenter sa stratégie pour les années à venir le 13 décembre prochain. Au total, ce sont 28 000 personnes qui travaillent pour le groupe en France.

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