Plastic Omnium accélère dans les pays émergents
Par Thierry Lucas - Publié le
Sur les 20 nouvelles usines que l'équipementier veut ouvrir dans le monde d'ici à 2015, 17 seront situées dans les "Bric" (Brésil, Russie, Inde, Chine).
Pour Laurent Burelle, le PDG de Plastic Omnium, si l'environnement économique à court terme reste incertain et opaque, il n'en reste pas moins que le PNB mondial a crû de 4% cette année, et que la production mondiale d'automobiles devrait continuer à croître : de 75 millions de véhicules en 2011, elle passerait à 95 millions en 2015. Or, les pays émergents représenteront 70% de cette croissance…
Du coup, le fabricant de piéces automobiles en plastiques et composites (plus de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires attendus en 2011) veut continuer à investir, dans les zones de forte croissance. La Chine est en première ligne, puisque le français prévoit d'y ouvrir 11 usines, portant à 25 le nombre de ses unités de production dans ce pays. De 200 millions d'euros aujourd'hui, le chiffre d'affaires réalisé en Chine devrait passer à 500 millions d'euros (hors croissance externe).
Un déplacement des activités du groupe
Le groupe, qui n'a qu'une usine en Russie, en veut quatre pour 2015. Les ventes, elles, passeraient de 10 à 50 millions d'euros. Cette année, Plastic Omnium a signé un accord de joint-venture avec DSK, le n°1 russe des systèmes à carburant (une émanation du constructeur Avtovaz). Deux nouvelles unités sont prévues en Inde, et une dans la zone Brésil-Argentine.
Ces investissements massifs dans les pays émergents se traduiront par un déplacement des activités du groupe, qui ne réalisera plus, en 2015, que 35% de ses ventes en Europe de l'ouest, contre 48% aujourd'hui. Trois usines européennes sont tout de même au programme, en Pologne et Espagne et en Angleterre.
Par ailleurs, le groupe vient d'étendre son centre technologique Sigmatech, près de Lyon, désormais équipé pour travailler sur la mise au point de grandes pièces en composites hautes performances (fibres de verre et fibres de carbone). Des matériaux souvent issus de l'aéronautique, dont il faut réduire les temps de cycle (8 à 10 mn) à des niveaux compatibles avec les cadences automobile (60 à 120 secondes). En 2013, un centre technologique "équivalent à Sigmatech", mais dédié cette fois aux systèmes à carburant, sera construit à Compiègne.

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