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Pierre Lahutte, le Président d’Iveco, crie haro sur les Chinois, la SNCF et la Mairie de Paris

Olivier Cognasse

Publié le

Pierre Lahutte, le patron du constructeur Iveco a pris pour cible la Mairie de Paris et la SNCF, qui favoriseraient des productions étrangères au détriment du "made in France". Pourtant, la production française de bus et cars se porte bien.

Pierre Lahutte, le Président d’Iveco, crie haro sur les Chinois, la SNCF et la Mairie de Paris
420 autocars Magelys produits en 2016 à Annonay (Ardèche)
© Iveco

Mardi 31 janvier, le patron d’Iveco, Pierre Lahutte, avait convié la presse à un grand raout au Grand Palais à Paris pour faire passer son message : "Roulez français, je m’y emploie." Son idée est de profiter de la campagne pour l'élection présidentielle. "Je propose de mettre à disposition des candidats ces autocars de tourisme, fabriqués à Annonay et certifiés Origine France Garantie, en location pour leurs déplacement, sur le modèle des élections américaines", a précisé Pierre Lahutte à l’Usine Nouvelle. 

En marge de ce rendez-vous, il a créé la polémique avec quelques propos incendiaires publiés sur le site Challenges.fr à l’endroit de la Mairie de Paris et de la SNCF, les accusant de ne pas jouer le jeu du "fabriqué français" et de manquer de patriotisme. "La Mairie de Paris s’affiche avec des constructeurs d’autocars électriques chinois. Elle privilégie des solutions électriques non maîtrisées, sans souci d’équité, nous a confirmé mercredi 1er février, Pierre Lahutte. Les industriels chinois ne répondent pas aux codes de marchés européens. Les entreprises chinoises bénéficient de méga-subventions de l’Etat. Que la Maire de Paris se fasse le chantre des industriels chinois sans vérifier la qualité des bus, le niveau de pollution de leurs batteries, leur autonomie… Il n’y a aucune réflexion industrielle de la part d’Anne Hidalgo au risque de mettre en péril toute une filière."  

La Mairie de Paris n’a aucun pouvoir de décision

En réponse à ces propos, la Mairie de Paris ne se rappelle pas avoir fait la promotion des bus chinois. Dans un communiqué transmis à l’Usine Nouvelle, elle exlique que " […] la Ville de Paris n’a aucune responsabilité dans l’achat des bus circulant pour les transports collectifs à Paris. […] Les achats sont de la responsabilité du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), syndicat qui est dirigé par la Région Ile-de-France […] En ce qui concerne les autocars de la SNCF, tout comme pour les cars dits Macron affrétés par la filiale de la SNCF, la Ville n’a encore une fois aucune responsabilité sur ces matériels roulants. Par ailleurs, la RATP a fait le choix d’expérimenter plusieurs bus venant de plusieurs pays et origines (Français, Pologne, Espagne et Chine). Ceci est un choix de la RATP sous le contrôle et le financement du STIF."

Le patron du constructeur italien n’attaque pas la RATP qui teste différents constructeurs, même si  "les retours d’expérience sont mitigés". Depuis la fin de l’année 2015, la RATP a mené plusieurs tests de bus standards électriques construits par Solaris, Irizar, Dietrich, Carebus-Yutong, BYD et HeuliezBus. 

"Nous sommes actuellement dans la deuxième étape (2015-2017) du plan de transformation du parc RATP avec des tests et des expérimentations de toutes les technologies d’autobus électriques et des systèmes de recharge existants,avec aussi la préparation du programme d’adaptation des centres bus, explique Jérôme Rosso, porte-parole de la RATP, à l’Usine Nouvelle. Les appels d’offres à venir pour un déploiement massif de bus électriques et biogaz marqueront la troisième étape du plan (2017-2025) et débuteront donc cette année en vue d’un déploiement de bus électriques à partir de 2019."

LA SNCF étouffe la concurrence

Autre cible de l’attaque de Pierre Lahutte : la SNCF. "Nous avons enregistré une augmentation des commandes importante, notamment avec les autocaristes privés Flixbus et le réseau Starshipper. Ils sont plus patriotes que les entreprises appartenant à l’Etat. La SNCF a une optique de court terme. Elle vise le bas prix et importe de Turquie et d’Espagne avec l’argent public. Depuis, la SNCF a pris le contrôle de notre meilleur client Starshipper pour imposer les véhicules qu’elle a choisis de distribuer, bien loin de sa mission de service public ! Elle étouffe la concurrence et bénéficie de l’avantage des gares routières. Sans oublier que Ouibus perd beaucoup d’argent."

La SNCF n’a pas souhaité réagir à ce "coup de gueule" du patron d’Iveco, considérant que la "citation est beaucoup trop large  pour être commentée." Par contre, elle rappelle que Ouibus ne possède que des véhicules de marque européenne : Mercedes (Allemagne), Scania (Finlande) et Irizar (Espagne). Il faut préciser que Mercedes produit des autocars dans son usine de Hosdere en Turquie.

Cette sortie virulente du patron d’Iveco ne constitue pas un cri d’alarme. L’usine française d'Iveco à Annonay (Ardèche) se porte bien. Iveco annonce y avoir fabriqué 420 autocars Magelys en 2016. La production a doublé en deux ans, en grande partie grâce à la loi Macron, qui a également des retombées en Espagne et en Italie. Iveco a pour objectif d’atteindre la production de 500 unités en 2017. La croissance est également palpable du côté des bus avec 900 unités produites en 2016 et plus d’un millier attendu cette année. Résultat : 450 CDI embauchés entre 2014 et 2016. Mais le made in France d’Iveco ne prévaut pas pour toute sa gamme de bus et cars. Quelque 700 à 800 bus "low cost" sont fabriqués dans l’usine tchèque de Vysoké Mýto et vendus en France pour le transport scolaire et en entreprise.

 

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1 commentaire

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10/02/2017 - 10h41 -

Visiblement la Mairie de Paris n'assume plus ses politiques lorsque un industriel a le courage de la mettre devant ses responsabilités. Son communiqué, en réaction à l'article paru dans Challenges, cherche à "noyer le poisson" en impliquant la RATP dans le débat. Or c'est bien la Mairie de Paris, qui dans une délibération datant de 2015 a exigé que, pour ses services scolaires et péri-scolaires, soient uniquement utilisés des autocars à énergies "non conventionnelles" excluant de fait les Diesel Euro VI. Quelle est l'offre actuelle en la matière : c'est le Suédois Scania pour les autocars au gaz et... BYD le constructeur Chinois pour les autocars électriques. Déjà, à l'époque, le COFIT avait dénoncé cette décision de la Mairie de Paris dans l'indifférence générale.
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