Pour le président du Groupement des fédérations industrielles (GFI), il y a urgence. L’industrie a besoin d’un choc de compétitivité.
La conférence sociale que lancera lundi 9 juillet le gouvernement Ayrault consacrera une table ronde au redressement productif à laquelle participera Pierre Gattaz. L’occasion pour le président du GFI, de faire état de la "triple inquiétude" des industriels : "les prises de commande chutent depuis mars-avril, les menaces s’accumulent sur l’Europe, et l’incertitude règne sur les futures mesures du gouvernement", énumère Pierre Gattaz, lors d’une rencontre avec la presse organisée jeudi 5 juillet par la Fédération des industries électriques, électroniques et numériques (FIEEC), dont il est aussi le président.
S’il salue le retour de l’industrie au cœur des débats ainsi que la "passion et l’écoute" du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le dirigeant patronal, parfois cité comme l’un des successeurs potentiels de Laurence Parisot à la tête du Medef, n’écarte pas "la menace d’un retour à 1982 avec par exemple l’interdiction des licenciements. Suivant l’ampleur de la crise mondiale qui se prépare, des crispations pourraient apparaître", craint Pierre Gattaz. Or l’industrie française, déjà pénalisée par "quinze ans de marge brute en chute libre, a besoin d’un choc de compétitivité". Un choc qui s’obtiendrait pour le dirigeant par la baisse des cotisations sociales pour les employeurs.
Au-delà de l’été, Pierre Gattaz réclame un environnement de confiance pour les industriels. Un environnement "4S" : simplification des réglementations, stabilité des politiques, sérénité fiscale, souplesse sociale. Industrie oblige, il s’y ajoute un cinquième "S" : la stratégie. "Cela fait dix-quinze ans que la France se laisse flotter au gré des courants ! Il faut se donner un cap sous peine de couler", assène-t-il. Une vision qu’il porte aussi sous la "casquette" FIEEC
La fédération publie un document intitulé "Le Temps de l’action". Les industriels de l’énergie et du numérique y détaillent des pistes d’action pour mettre en œuvre une stratégie industrielle centrée sur les grands besoins sociétaux : environnement, sécurité, santé-confort, mobilité. "La France a besoin de retrouver une ambition collective et de se doter d’une véritable stratégie industrielle", conclut le président du GFI.









