ENQUêTE Les solides carnets de commandes d'Airbus sont une bonne affaire pour le bassin d'Albert (Somme). Aerolia, filiale d'EADS, construit à Méaulte les pointes avant de la gamme Airbus.
Les grands chantiers se multiplient dans l'aéronautique. Déjà présent à Albert (Somme), avec une usine et 200 salariés employés in situ au sein d'Aerolia, à Méaulte, Segula Technologies vient d'annoncer la construction d'une usine d'assemblage de grandes structures de 12 000 mètres carrés, soit un investissement de 10 millions d'euros, équipements et outillages compris. Les travaux doivent commencer au cours de l'été pour une mise en service programmée à la mi-2013. L'ingénieriste et industriel, qui réalise le quart de son chiffre d'affaires dans l'aéronautique, veut faire de cette usine « un centre d'excellence » dans l'assemblage et l'intégration de grands sous-ensembles d'aérostructures (planchers, panneaux de structures et encadrement de portes). Parallèlement aux sous-ensembles qu'il fournira clé en mains à Aerolia, Segula Technologies entend élargir son portefeuille clients à d'autres entreprises de l'aéronautique et au secteur de la mécanique en général.
Également implanté in situ chez Aerolia (1 350 salariés), qui fabrique à Méaulte les pointes avant de la gamme Airbus, le groupe Figeac Aéro investit 7 millions d'euros dans une unité de 6 000 m2, qui doit être livrée en 2013. Parallèlement aux éléments de cockpit pour Aerolia, elle proposera son expertise d'usineur à d'autres clients de l'aéronautique. Figeac Aéro Picardie, nom de la nouvelle filiale, devrait à terme employer 165 salariés à Méaulte. Le recrutement est d'ailleurs l'une des priorités du pôle hydraulique et mécanique d'Albert (PHMA), labellisé « grappe d'entreprises » par le gouvernement en 2011. Le pôle, qui réunit 31 adhérents dont 28 entreprises, compte 3 000 salariés : plus de 400 embauches sont prévues au cours des deux prochaines années.
Investissements en rafale
Dans le secteur de Péronne (Somme), Bonduelle, le leader mondial du légume, a investi 17 millions d'euros sur son site d'Estrées-Mons (Somme), où se situe sa plus grande usine de légumes d'Europe. Cet entrepôt frigorifique de 38 mètres de hauteur, un gigantesque « congélateur », est destiné à l'entreposage de produits finis surgelés. Entièrement automatisées, les préparations de commandes y sont réalisées par des robots.
Dans l'Aisne, l'ancien site Impress de Laon (aérosols) fait peau neuve depuis son acquisition, début 2012, par Roger et Régis Messio, les PDG et DG de Diane Industries. Ils investissent 16 millions d'euros dans le réaménagement du site et l'achat d'équipements et d'outillages. Début 2013, l'usine travaillera la tôle brute pour fabriquer des poêles, des cheminées et "des produits de loisirs et de plein air", selon la formule des frères Messio. Leur stratégie est "de fabriquer en France de façon très automatisée des produits en Inox, en aluminium et en acier, jusqu'ici réalisés en Tunisie et en Asie". Une réindustrialisation doublée d'une relocalisation !
Tereos produit de la bétaïne à base de betterave pour DuPont
Le groupe coopératif français Tereos et le groupe américain DuPont ont associé leur savoir-faire pour construire la première unité industrielle de fabrication de betaïne en France à partir de vinasse de betterave (coproduit de l'éthanol de betterave). Ils investissent plus de 30 millions d'euros dans cette unité, qui vient de démarrer sur le site historique du groupe Tereos à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne), la plus grande distillerie de betteraves du monde. DuPont, qui fournit le procédé technologique, récupère la bétaïne sous forme de sirop pour la purifier et en faire un produit commercialisable. La bétaïne est notamment utilisée dans l'alimentation animale.









