Dans la course au photovoltaïque, la France tente de rattraper l'Allemagne et le Japon qui mènent, talonnés par les Etats-Unis et l'Espagne. Son défi : les coiffer sur le poteau du haut rendement.
Ce 9 avril, le Centre pour l'énergie atomique (CEA) a évoqué sa stratégie d'innovation dans le secteur de l'énergie photovoltaïque , et présenté PV alliance, le « super labo » français créé pour rattraper les Allemands et les Japonais, leaders, sur la nouvelle frontière à dépasser dans les technologies du photovoltaïque. L'occasion de faire le point sur le positionnement des industries de la planète dans la guerre du photovoltaïque.Le principe du photovoltaïque
Les photons, grains de lumière, pénètrent la cellule photovoltaïque et arrachent des électrons aux atomes de silicium du matériau qui la compose. Ainsi libérés, ces électrons sont orientés par un champ électrique interne, et leur mouvement génère un courant électrique.
Pour le Japon et l'Allemagne, le haut rendement. Les industriels nippons leaders sur le secteur, Sanyo, Sharp, Kyocera, investissent sur les technologies de haut rendement : le procédé de « contact face arrière » par exemple, ou les couches minces sur lesquelles investit Sharp. L'Allemagne est très efficace : deuxième industrie du photovoltaïque en taille derrière la Chine, elle fournit le même effort que la France en recherche et développement.
Rendement
Le rendement de conversion des cellules photovoltaïques est leur capacité à récupérer et transformer la lumière reçue en électricité.
Pour les Etats-Unis, les couches minces. L'entreprise californienne NanoSolar par exemple, utilise un procédé d'impression pour fabriquer des cellules sérigraphiées. D'autres techniques de fabrication de cellules de couches minces sont basées sur le dépôt sous vide, utilisées notamment par Miasolé. Et, même dans cette filière couche mince, certains fabricants remplacent le silicium par d'autres semi-conducteurs: le tellurure de cadmium (CdTe), et le cuivre/indium/sélénium (CIS). C'est ce que fait notamment FirstSolar
Quand l'intégration au bâti... surchauffe. Le directeur de PV Alliance a également exprimé ses doutes sur la prédilection française pour l'intégration au bâti. « Intégrer au bâti ça veut dire qu'on produit moins parce qu'on chauffe : cela occasionne des pertes de 5 à 7%. » Le rendement d'un panneau photovoltaïque silicium diminue en effet avec l'augmentation de la température. « Mieux vaut un module indépendant du toit qui puisse être ventilé. »
La start-up PV Alliance est financée par le CEA (20%), EDF Energies Nouvelles (40%) et Photowatt (40%). La société est implantée à Bourgoin-Jallieu (Isère). La France s'est désormais fixé des objectifs ambitieux puisqu'elle compte atteindre en 2020 une production de 5,4 GW, contre 175 Mw installés aujourd'hui.
Ana Lutzky









