Phoenix : une puce dormeuse, mais endurante17/06/2008
Une équipe du département de génie électrique et informatique de l'université du Michigan, à Ann Arbor, a mis au point un micro-processeur très économe en énergie. Sa consommation est 10 à 30 000 fois moins importante que les modèles courants, selon qu'il se trouve en mode actif ou en veille.Toute la performance tient dans la puissance du courant nécessaire pour alimenter cette puce baptisée Phoenix. 30 picowatts seulement en mode veille, sachant qu'un picowatt équivaut à un millième de milliardième de watt. Autant dire, pas grande chose.
C'est ce mode veille qui a guidé les chercheurs dans leur travail. Ils sont partis d'une observation : 99% de l'activité des capteurs qui sont équipés de micro-puce est une activité dite passive. Autrement dit, les capteurs restent en attente la plupart du temps et ne fonctionnent réellement qu'un très cours moment. C'était donc sur ce scénario qu'il fallait travailler et sur le niveau d'énergie consommé en mode veille. 263 d'autonomie avec une batterie Le résultat est là : Phoenix est une puce dormeuse, activée toutes les 10 minutes pendant 1/10e de seconde, juste le temps nécessaire pour elle de réaliser quelque 2 000 opérations de calcul et de traitement de données avant de replonger dans une nouvelle torpeur. Une durée d'inactivité qui peut paraître longue, mais qui selon les pères de Phoenix est toute adaptée pour l'utilisation que l'on peut en faire.Et de fait, les domaines d'application envisagés sont nombreux. De la sécurité à la protection environnementale, en passant par la santé. Dans ce domaine en particulier, le processeur est actuellement testé dans un système de surveillance oculaire pour des patients atteints d'un glaucome. Il pourrait être utilisé aussi pour des implants cardiaques. Si Phoenix est aussi petite - un millimètre carré de surface - que d'autres puces disponibles sur le marché, c'est vraiment sa faible consommation qui pourrait donner naissance à une nouvelle génération de capteurs, presque invisibles. « La faible consommation d'énergie nous permet de réduire la taille de la batterie et donc la taille globale du système », précise le professeur David Blaauw impliqué dans le projet. « Notre dispositif est prévu pour être 1 000 fois plus petit que le plus petit des système de détection utilisé aujourd'hui ». Et le niveau de consommation est tel qu'une seule batterie suffirait en théorie pour alimenter ce nouveau processeur pendant... 263 ans. Stephan Julienne |
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