Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën s'est exprimé sur le vaste plan social qui touche son groupe dans une interview au journal Le Monde à paraître le 17 juillet.
C'est l'heure des explications pour le président du directoire de PSA, Philippe Varin.
Le 12 juillet dernier, le groupe qu'il dirige depuis 2009 annonçait la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois en 2014 et la suppression de 8 000 postes à travers la France.
"Nous avons pris des engagements de reclassements internes – sur les 3 000 salariés d'Aulnay, 1 500 se verront proposer un emploi dans notre usine de Poissy – et externes. Il n'y aura pas de licenciements secs. On proposera à chacun un emploi identifié", a déclaré Philippe Varin dans une interview au journal Le Monde à paraître le 17 juillet. "Personne ne sera laissé au bord du chemin", avait déjà promis l'industriel sur TF1 quelques heures après l'annonce de son plan.
PSA attaché à ce qu'Aulnay reste un site industriel
Dans son entretien télévisé en marge des festivités du 14 juillet, le Président de la République François Hollande avait fustigé le plan social du constructeur automobile français, le jugeant "inacceptable en l'état". Le chef de l'Etat avait notamment émis le souhait de voir l'usine d'Aulnay rester un site industriel.
"Nous nous y attachons", a précisé sur ce point le patron de PSA. "Nous allons aider à créer à Aulnay 1 500 emplois, et pour 600 d'entre eux, nous sommes en phase avancée de négociations. Pour piloter ce projet de reconquête local, une personnalité indépendante pourrait bientôt être nommée".
Philippe Varin a également affirmé que la santé financière du constructeur n'était pas en jeu. "Il ne doit pas y avoir de question sur la santé financière du groupe. On a brûlé 1,2 milliard de cash au premier semestre mais on a augmenté notre capital, vendu des actifs non stratégiques et émis un emprunt obligataire, pour un total de plus de 2 milliards", a-t-il déclaré, indiquant que le problème de surcapacité concernait aussi d'autres groupes automobiles
Une internationalisation trop lente
Interrogé sur le point de savoir si le "patriotisme économique" avait conduit PSA Peugeot Citroën a freiné sur certaines orientations stratégiques qui auraient été bénéfiques, Philippe Varin répond que "c'est sans doute l'un des éléments d'explication". "On ne peut pas avoir des usines qui tournent à la moitié de leur capacité, et ceci à long terme, alors que le marché européen s'est rétréci de 25 % en cinq ans", a-t-il ajouté.
"L'internationalisation du groupe a pris du temps", a déclaré le patron du premier constructeur automobile français, qui produit largement plus de voitures sur le territoire nationale que son concurrent Renault.
"La citoyenneté du groupe est quelque chose de très fort qui est ancré dans son histoire. C'est une tradition de PSA, comme en atteste le comportement de l'entreprise pendant la seconde guerre mondiale", a poursuivi Varin, qui a également affirmé comprendre le "choc d'une nation" suite à l'annonce du vaste plan social de son groupe.











