Pfizer se copie pour contrer l'expiration du brevet du Tahor

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Site de fabrication du Tahor
© D.R. - Pfizer

Le 8 mai, dans plusieurs pays d'Europe, expire le brevet de l'anti-cholestérol de Pfizer, le Tahor appelé aussi Lipitor. Pour compenser l'écroulement des ventes de son médicament phare, le laboratoire américain compte sur son propre générique.

25% du chiffre d'affaires menacé. Pour la filiale France du laboratoire Pfizer, la chute du brevet du Tahor s'annonce douloureuse. Un demi mal peut-être puisque l'américain, numéro un mondial de la pharmacie en 2011, lancera le même jour son propre générique de l'atorvastatine, la molécule anti-cholestérol.

"Nous avions déjà des autogénériques d'autres produits, mais c'est la première fois que nous le lançons le jour de la perte du brevet", précise Michel Ginestet, directeur de la business unit Primary Care de Pfizer. Avant d'insister sur le fait que cet autogénérique sera parfaitement similaire… car produit dans les mêmes usines que celles du Tahor. Porto-Rico pour le principe actif et les excipients, Freiburg en Allemagne pour le packaging. Un site que L'Usine Nouvelle a pu visiter en exclusivité.

Une dizaine de génériqueurs sur le pied de guerre

L'enjeu est de taille : pris quotidiennement par deux millions de Français, le Tahor a généré 400 millions d'euros de chiffre d'affaires dans l'Hexagone en 2011. Mais plus d'une dizaine de génériqueurs ont déjà obtenu une autorisation pour commercialiser leurs propres copies de ce traitement.

Pfizer lui-même a signé un accord, avec une contrepartie financière, autorisant un façonnier à produire une copie sur le territoire français avant le jour J, ce que la loi française interdit en général. Un concurrent de l'autogénérique qui sera commercialisé par Zentiva, la filiale de génériques de Sanofi.

"Pas de lien avec le plan social en cours"

Avec son autogénérique, la priorité de Pfizer est de "garder une part de marché significative dans  les génériques", qui devraient se substituer à près de 80% au Tahor. Ils seront en effet commercialisés 9,08 euros pour un mois de traitement, contre 18,38 euros pour le Tahor.

Si cette stratégie d'autogénérique est adoptée dans la plupart des pays européens, qui perdent le brevet au même moment que la France, ce n'est pas le cas aux Etats-Unis. Depuis l'expiration en novembre 2011 du brevet du Lipitor (le nom américain du Tahor), le laboratoire a privilégié l'interaction directe avec les patients, en bradant son traitement au même prix que les génériques. Ce qui n'a pas empêché le laboratoire d'essuyer une chute de 19% de son bénéfice net mondial au premier trimestre 2012, à 1,8 milliard de dollars.

Quant à la France, un plan social de 225 emplois est en cours. Mais pas question de dresser un lien avec le Tahor. "Ce plan est lié à d'autres évolutions du portefeuille, car d'autres produits vont perdre leurs brevets dans les années à venir", affirme Michel Ginestet. Chez Pfizer, on préfère parler du lancement "très prochainement" avec le laboratoire BMS d'un anticoagulant, pour compenser le déclin du Tahor.

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