TRIBUNE Les polémiques sur les gaz de schiste et le nucléaire risquent d’occulter les débats énergétiques à venir. Une mauvaise nouvelle pour les autres énergies en attente de visibilité.
Les récentes polémiques ne laissent rien présager de bon à l’approche des grands rendez-vous à venir : la conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochains et le débat sur la transition énergétique. L’évocation d’une alternative écologique à la fracturation hydraulique pour explorer les gaz de schiste et l’idée que le nucléaire reste une filière d’avenir ont provoqué de vives réactions des associations écologistes. Elle a surtout entraîné une première fracture (attendue ?) entre le Parti socialiste et Europe Ecologie les Verts (EELV). Les propos d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, étaient-ils à ce point iconoclastes ?
En vérité, pas du tout ! La loi du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique que ce soit à des fins d’exploration, d’exploitation ou même de recherche. En revanche, cette loi n’a jamais interdit les gaz de schiste en tant que tels. Pour ce qui est du nucléaire, le président de la République, François Hollande, a annoncé pendant la campagne que la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin) serait fermée d’ici à cinq ans et que la part du nucléaire serait ramenée de 75 à 50 % dans le mix énergétique français à l’horizon 2025. Arnaud Montebourg a lui-même confirmé le besoin de rééquilibrer la part de l’atome dans le bouquet français.
Les ONG invitées à la conférence environnementale et EELV s’inquiètent. Elles craignent que toutes les décisions soient déjà prises et qu’il n’y ait pas de débats. "A quoi ça sert de participer à cette conférence si le débat est clos avant de commencer? " s’interroge le député EELV, Noel Mamère. La présidente du Medef, Laurence Parisot estime, pour sa part, paraphrasant un slogan (célèbre) de mai 68, qu’"il est interdit d'interdire le débat"…
Que personne ne s’inquiète ! Les gaz de schiste et le nucléaire sont bien partis pour occuper très largement le devant la scène dans les jours, les semaines et les mois à venir ! Mais si débattre de ces thèmes est essentiel, leur omniprésence risque de masquer d’autres sujets d’importance, parfois plus urgents ! Quid de la filière photovoltaïque aux abois ? Quid du raccordement des parcs éoliens au réseau de transport d’électricité ? Quid du deuxième appel d’offres éolien offshore attendu avec impatience pour capitaliser sur la dynamique industrielle du premier round ? Quid de la biomasse et des barrages hydroélectriques ? Quid du réacteur de quatrième génération Astrid, du coût de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE) et du pétrole Guyanais…
On l’aura compris, il est urgent de laisser une "chance" aux autres énergies pour qu’elles puissent bénéficier d’une meilleure visibilité nécessaire à leur développement.









