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Petroplus veut vendre la raffinerie de Reichstett

Par Ana Lutzky - Publié le

La petite raffinerie alsacienne, parmi les douze encore en activité en France, est sur la sellette.

Petroplus Holdings AG évalue des "alternatives stratégiques" pour sa raffinerie de Reichstett, proche de Strasbourg. En se basant sur les investissements futurs en capital à effectuer sur ce site, le management de Petroplus considère désormais une vente du site de Reichstett comme possible, selon un communiqué publié jeudi soir par le groupe d'exploitation de raffineries.

Une stratégie de rachats dans les années 90

Contrôlée par Carlyle, Petroplus est basée depuis août 2006 à Zoug, un petit canton de Suisse centrale réputé pour son régime fiscal particulièrement attrayant. La société a mené depuis les années 1990  une stratégie d’acquisition  des raffineries d’Europe, alors que les majors se désengageaient. Fondée aux Pays-Bas en 1993, elle a acquis quatre ans plus tard des parts dans la raffinerie que le sud-coréen Daewoo possédait à Anvers, en Belgique. En 2000, Petroplus étendait son réseau en rachetant à Shell la raffinerie de Cressier, située en Suisse dans le canton de Neuchâtel. La même année, la raffinerie de Teesside au Royaume-Uni (Coryton, sur l'estuaire de la Tamise) passait sous son contrôle, de même que de nouvelles infrastructures à Anvers. En 2006, Petroplus a conclu un accord avec ExxonMobil pour acquérir la raffinerie d'Ingolstadt en Allemagne dont elle prend possession dans le courant de l'année 2007. Vient ensuite la raffinerie de Petit Couronne, près de Rouen en France, et de Reichstett, proche de Strasbourg, rachetées en 2008 à Shell. Le groupe opère donc six sites en Europe. Un appétit d'ogre rendu possible grâce au soutien d'un actionnaire aux poches profondes : Carlyle.

Des pures pertes en 2010

Mais la crise économique et l'effondrement des marges de raffinage en Europe en 2009 ont eu raison de cet élan. L'an dernier, Petroplus a transformé le site britannique de Teesside en dépôt, faute de repreneur. Dotée d'une capacité de production de 83.000 barils par jour, la raffinerie de Reichstett est l'une des plus petites et des moins modernes du groupe suisse. Elle a perdu des dizaines de millions de dollars en 2009 et emploie environ 300 personnes, rappellent les Echos.  En 1998, Shell avait déjà décidé de la fermer, ne la jugeant pas assez rentable et trop éloignée des ports. Petroplus était venu à sa rescousse, pour mieux se retirer deux ans plus tard. Trouver un acquéreur pour Reichstett sera d'autant plus difficile que des raffineries de taille beaucoup plus importante, comme le site de Total à Lindsey ou celui de Shell à Stanlow en Grande-Bretagne, sont également à vendre. Des groupes chinois, indiens ou russes étudient les dossiers en Europe. Mais tous ne seront pas repris. Total, d’ailleurs, a décidé de fermer sa raffinerie des Flandres faute de repreneur.

Lire aussi :
Le problème des raffineries françaises
La carte des (12) raffineries françaises
(celle de Mardyck a été fermée depuis)
Esso à la peine avec ses raffineries

 

 


 

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