Pétrole : un contrat de 20 ans pour Total en Irak
Le 28 janvier 2010 par Ana Lutzky
Total reprend un pied dans l’exploitation pétrolière en Irak, les troupes américaines le quittent.
Le gouvernement irakien a signé deux contrats sur 20 ans avec deux des consortiums ayant remporté les appels d’offres de décembre sur le développement et l’exploitation de plusieurs gisements de pétrole irakien : CNPC pour le champ d’Halfaya mercredi et Gazprom pour le champ de Badra jeudi (Exxon a signé le sien voici quelques jours). Total fait partie du lot : il appartient au consortium conduit par le Chinois CNPC. Les réserves de Halfaya sont estimées à 4,09 milliards de barils. En décembre, le cartel avait proposé d'être rémunéré 1,40 dollar par baril et de porter la production à 535.000 barils/j d'ici six ans, contre 3.100 b/j actuellement.
Pétrole irakien, une croissance à vitesse lente
L’Irak recèle l’un des potentiels de développement du secteur pétrolier les plus importants au monde. La production pourrait croître jusqu’à 10 millions de barils/jour, contre seulement 2,5 millions barils/jour actuellement et… 4 millions de barils/jour chez le voisin iranien. Toutes les compagnies pétrolières, en particulier les chinoises, tentent de décrocher des contrats d’exploitation.De lourdes incertitudes demeurent. Une éventuelle stabilisation de la situation intérieure déterminera le rythme de croissance de la production. Autre hypothèque, celle des débouchés : le pipeline de Bassorah vers le sud est complètement saturé, et le pipeline du nord, qui achemine le brut vers le port turque de Ceyhan, fait l’objet d’attaques fréquentes. Quant à la construction d’autres pipelines, elle progresse peu.
La croissance de la production sera sans doute lente, limitée à 3 ou 4 millions de barils/jour d’ici 2014, faute de moyens d’évacuer des quantités plus importantes.

Ces contrats sont signés alors que le président américain Barack Obama a souligné hier le départ de l'armée américaine dans son discours sur l'état de l'Union : la guerre en Irak « prend fin » et les « troupes rentrent à la maison », a-t-il déclaré (les Etats-Unis devraient redéployer des troupes vers l'Afghanistan). Un désengagement total est prévu pour la fin de 2011. Si le problème de la sécurité se pose sur le champ d’Halfaya pour Total, il se pose surtout pour CNPC, Total lui ayant laissé le rôle d’opérateur. Tous les partenaires mettront à contribution leurs ingénieurs pour les études en amont, néanmoins le groupe chinois engagera bien plus de ressources humaines pour l’exploitation que le français.
Comparé aux gisements remportés par les autres compagnies pétrolières, Total semblait quelque peu bredouille. 36 ans après avoir été chassées du pays de l’or noir par Saddam Hussein, depuis la guerre enclenchée par les Etats-Unis et la chute du régime du parti baas, les majors occidentales ont en effet accordé des concessions pour que les vannes du pétrole leur soient à nouveau ouvertes. Moyennant une rentabilié plus faible que celle voulue au départ, les compagnies américaines mais aussi asiatiques ont obtenu les plus gros gisements lors de l'annonce des résultats, le 14 décembre dernier. Le patron de Total Christophe de Margerie avait néanmoins prévenu : il irait dans le peloton, mais ne gagnerait pas à n’importe quel prix. Ce dernier avait refusé de trop baisser ses marges et s’était donc retiré de la course pour les gisements de Majnoun et Qourna-ouest 2. Bien lui en a pris, estime le groupe interrogé par l’usine Nouvelle.com : le potentiel de Majnoun est relativement équivalent à celui de Hatnet gagné en Algérie fin 2009, pour un taux de rentabilité bien supérieur sur ce dernier. Le petit champ d’Halfaya lui suffit pour poser ses jalons, en attendant mieux.

Le champ pétrolier d’Halfaya est dans le gouvernorat de Missan dans le sud de l’Irak, à 35 kilomètres au sud-est de la ville d’Amara. Le champ s’étend sur 30 kilomètres de long et 10 kilomètres de large.
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Déception pétrolière de Total en Irak

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