Pétrole libyen : le faux pas chinois
Par Morgane Remy - Publié le
Libye encore. Pétrole toujours. Les conflits s’apaisent et une nouvelle ère politique s’ouvre. C’est le moment pour chacun de prendre sa place dans ce nouvel ordre national. Les communautés œuvrent pour être représentées. Et les pays qui ont aidé à renverser le régime Kadhafi se rappellent à la mémoire du Conseil national de transition dans le but de faire main basse sur le maximum de puits pétroliers. Et si la France est bien partie, la Chine, quant à elle, souffre d’une image trouble selon le Globe and Mail.
Le week-end dernier, le journal canadien a dévoilé un mémo découvert à Tripoli révélant que l’industrie de l’armement chinoise prévoyait de passer des contrats cet été avec Kadhafi. Une nouvelle qui desservira sans doute la République populaire au moment de se partager le gâteau de l’or noir. Le porte parole du ministère des affaires étrangères chinois Jiang Yu confirme cette visite mais se défend d’avoir livré des armes. Elle a précisé que la Chine respecte l’interdiction des Nations Unies sur la fourniture d'armes au gouvernement Kadhafi.
Le Wall Street Journal nuance cependant le risque de passer à côté de ces négociations : "La Chine ne perdra pas forcément, comme le montre l'exemple en Irak. Pékin était opposé à l'invasion sous commandement américain, mais ses compagnies pétrolières ont prospéré depuis la chute de Saddam Hussein".
La conjoncture vue par le canal de Suez
Pas très loin, en Egypte, le canal de Suez attire l’attention de The Economist. Le magazine y voit une nouvelle façon d’aborder la conjoncture mondiale. Comme environ 8% des échanges mondiaux transitent par le canal de Suez, une étude du trafic sur cette langue d’eau donne un aperçu de l’état du commerce mondial. Plus que ça, nous annonce The Economist, ce serait même un indicateur précurseur. Pas besoin d’attendre de faire les comptes pour avoir une analyse un trimestre après. Cet indice nous délivre en direct l’état de santé de l’économie comme la bourse, l’aspect psychologique en moins.
Résultat, l'augmentation moyenne du poids total du fret passant par le canal a été de 5,7% de mai à juillet, contre une croissance de 9,5% en décembre. Conclusion de cette observation : "Selon les données des derniers mois, le PIB mondial va tomber de 3,8% au premier trimestre à 3,3% au deuxième trimestre 2011."
Virage dans l’industrie automobile à Beijing
Ralentissement des échanges mondiaux et baisse de la production chinoise dans l'automobile. Il y aura un "coup de frein sur l’industrie automobile chinoise", nous apprend le New York Times. Après une décennie de subvention pour stimuler cette industrie, les dirigeants commencent à revoir leur stratégie.
Le week-end dernier, des représentants du gouvernement se sont réunis dans le but de redéfinir leur politique industrielle. "Le gouvernement doit jouer un rôle leader pour contrôler une croissance irréaliste", a déclaré Jiang Kejun, l’influent directeur de l’Institut de recherche en énergie au sein de la Commission de la Réforme et du développement national.
Plus qu'un coup de frein, il s'agit d'un virage. Selon le quotidien China Daily, le gouvernement veut cesser de produire toujours plus pour produire mieux, notamment en voitures électriques et hybrides. La croissance des ventes automobiles chinoises devrait baisser de 3 à 5 % cette année sous l’effet des incitations gouvernementales. Le but du gouvernement est d’avoir plus d’un million de voitures électriques sur les routes d’ici 2015, a précisé le ministère des Sciences.

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