Pétrole : Chavez fait monter les enchères
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leLe Venezuela a l'intention de vendre son or noir au prix fort.
Après avoir annoncé au début du mois son intention de prendre une participation majoritaire d'ici le 1er mai dans quatre projets majeurs de valorisation des dépôts bitumineux du bassin de l'Orénoque, le gouvernement vénézuélien a annoncé lundi un décret de nationalisation de ces projets. Evalués à une trentaine de milliards de dollars, ces projets devraient avoir une production de 600 000 barils/jour. Disposant pour 18 mois, ce qui lui permet de légiférer notamment dans le domaine énergétique, Hugo Chavez a signé officiellement un décret permettant à la société nationale vénézuélienne PdVSA de prendre une participation d'au moins 60 % dans les différents projets de l'Orénoque.A la tête de ces quatre projets on retrouve les grands du secteur, le numéro un, ExxonMobil, les américains Chevron et ConnocoPhillips, le britannique BP, le français Total et le norvégien Statoil. Ces grands groupes ont déclaré le lendemain avoir l'intention de poursuivre les négociations avec le gouvernement. Chavez a en effet pris la précaution d'ajouter deux mois supplémentaires au délai de quatre mois requis pour l'examen parlementaire des accords avec les groupes pétroliers. Le signe qu'il s'agit plus d'un moyen de pression supplémentaire, destiné à accroître la part de la rente pétrolière de l'Etat, que d'une expropriation pure et simple qui laisserait PdVSA à court de capitaux face aux investissements gigantesques nécessaires à la valorisation des dépôts bitumineux.
« Nous sommes prêts à négocier, en particulier des taxes, mais ce qui nous inquiète le plus c'est la volonté de l'Etat vénézuélien de prendre un contrôle majoritaire sur les projets comme Sincor, avec toutes les contraintes opérationnelles que cela impose », a commenté Thierry Desmarest, le P-DG de Total.
Désireux de faire jouer la concurrence, Chavez affirme avoir l'intention d'exporter vers la Chine un million de barils/jour. L'Amérique latine n'assure actuellement pas plus de 3,2 % des achats de la Chine, soit 107 000 barils/jour. Par contre, malgré les stances anti-impérialistes de son président, le Venezuela est toujours le 4e fournisseur des Etats-Unis qui lui achètent 60 % de ses exportations. Plus important, le Venezuela vient de signer un accord avec les firmes japonaises Marubeni et Mitsui portant sur la livraison de pétrole pendant quinze ans. Un prêt de 35 milliards de dollars, soutenu par la Japan Bank of International Cooperation, devrait être remboursé en brut.
Daniel Krajka

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