"Peste et Choléra" un roman né grâce aux archives de l’Institut Pasteur

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Ce mercredi soir, Patrick Deville présentait à l’Institut Pasteur son dernier roman, "Peste et Choléra", retraçant la vie d’un aventurier disciple de Pasteur : Alexandre Yersin. Cette œuvre n’aurait pas été possible sans les archives du célèbre Institut, que Daniel Demellier, archiviste de la Médiathèque de l’Institut Pasteur, a ouvert à l’écrivain depuis décembre 2011.

L'Usine Nouvelle - Comment s’est passée votre collaboration avec Patrick Deville ?
Daniel Demellier - Dans son précédent livre Kampuchéa, Patrick Deville citait Alexandre Yersin une fois. Il avait déjà écrit plusieurs livres sur la période allant de 1860 à 1940 : nous sentions qu’il s’était déjà beaucoup documenté sur l’évolution des sciences à cette époque.

Nous sommes un service d’archives scientifiques : la majorité de nos lecteurs sont des historiens des sciences, étrangers pour plus de la moitié: australiens, américains, anglais, russes… Ils viennent avec un projet qu’ils nous expliquent succinctement, nous essayons de mettre des archives à leur disposition, afin qu’ils continuent seuls. Patrick Deville est venu plusieurs fois durant trois à quatre mois, et nous lui avons prêté un certain nombreux de documents écrits -aucun manuscrit- pour qu’il travaille de chez lui.

Le livre retrace-t-il bien le parcours de ce chercheur ?
J’ai été agréablement surpris par la précision du livre. Il m’a semblé intéressant qu’un non-historien des sciences aborde cette histoire sous un angle romancier et poétique. Alfred Lacroix avait déjà dit, de son vivant, qu’Alexandre Yersin était un homme de roman ! C’est un homme un peu en marge, car il a commencé la bactériologie puis l’a arrêté pendant cinq ans. Avant de reprendre à la demande des Pasteuriens car la peste, cette maladie qui a généré une cinquantaine de millions de morts, sévissait à Hong-Kong. J’ai relu les lettres écrites par Alexandre Yersin à sa mère : il ne donne pas l’impression qu’il va être le découvreur du vaccin contre la peste !

Le livre va-t-il accroître la notoriété de votre service, créé en 1988 pour le centenaire de l’Institut Pasteur ?
Sans doute, durant un petit laps de temps. C’est une très bonne chose car lorsqu’un historien vient ici, c’est une mise en valeur de notre travail. Nous collectons toujours régulièrement des archives contemporaines auprès de services administratifs et de laboratoires scientifiques. Mais plus d’archives historiques : nous avons déjà passé vingt ans à les rassembler auprès des familles et des Pasteuriens qui avaient gardé des documents.

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