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Perte du Triple A : le gouvernement prône des ajustements budgétaires

Par Barbara Leblanc - Publié le
Euros - Pièces
© /*dave*/ - Flickr - C.C.

[ACTUALISE] - Suite à la perte du triple A par la France, le Premier ministre annonce que des mesures d’ajustement devraient être prises dans les prochaines semaines. Le président de la République doit aussi s’exprimer sur la crise à la fin du mois.

Standard&Poor’s a dégradé la note de la France vendredi dernier, mettant ainsi fin à des semaines de rumeurs. Face à cette dégradation, François Fillon a annoncé dès le lendemain matin que les mesures budgétaires mises en place jusque là étaient suffisantes pour faire face à la dégradation de la note de la France.

Le Premier ministre juge que "la France dispose de marges de précaution dans le budget 2012 et fait valoir que la France emprunte sur les marchés financiers depuis le début de l’année à des taux inférieurs à ceux prévus dans le budget".

Il confirme partiellement alors ce qu’a précisé le ministre de l’Economie, François Baroin, la veille. Il avait alors annoncé qu’il n’y aurait pas de troisième plan de rigueur en France.

Mais le Premier ministre souligne que des ajustements seront mis en place au regard de la croissance constatée, lorsque le gouvernement aura plus de visibilité. Il affirme aussi qu’il n’y a aucune raison pour que la France révise ses relations avec l’Allemagne, pays dont la note n’a pas été dégradée. "Je ne crois pas que cette décision changera quoi que ce soit à la relation entre la France et l'Allemagne", a-t-il dit depuis Matignon lors d’un point presse.

Il rappelle notamment que " cette relation, elle est structurelle, elle correspond à notre géographie, à nos économies, à notre histoire. Le sort de la France et de l'Allemagne sont des sorts qui sont complètement liés. L'Allemagne sait très bien qu'il ne peut pas y avoir de prospérité durable sans une zone euro qui soit en croissance, une zone euro forte, une zone euro stable".

Selon François Baroin, qui s'exprimait devant des journalistes le 16 janvier, "la France est un grand pays qui a une économie solide, qui a des fondamentaux importants, une économie diversifiée, une main d'oeuvre qualifiée, un système bancaire qui a une forte résistance et un niveau d'épargne élevé". Mais d'après lui, elle doit converger vers le bon élève qu'est l'Allemagne.

Thème de campagne

De son côté, le chef de l’Etat, sans faire de référence explicite à la perte du triple A, a annoncé à Amboise, lors du discours d’hommage à Michel Debré, qu’il voulait dire aux Français à la fin du mois que "la crise peut être surmontée, pourvu qu’il y ait une volonté collective et la force de réformer le pays".

Pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, interrogé ce 16 janvier sur RTL, cette dégradation est un électrochoc. "C'est un électrochoc, c'est un choc, c'est la fin d'une période, 1975-2011, assure-t-elle. la France a toujours eu la meilleure note possible. "C'est une affaire évidemment sérieuse, très sérieuse, parce que cette dégradation sanctionne nos faiblesses".

Les candidats à l’élection présidentielle n’ont pas manqué de réagir aussi. Notamment, le candidat François Hollande, qui a affirmé depuis les Antilles que "ce n'est pas la France qui a été dégradée, c'est une politique, c'est une stratégie, c'est une équipe, c'est un gouvernement, c'est un président".

La présidente du Front National, Marine Le Pen, a pour sa part estimé lors d’un meeting à Rouen, que cette dégradation signait la fin du mythe du président protecteur et disqualifiait tous ceux qui défendent l’euro. François Bayrou souligne pour sa part la coresponsabilité des deux partis de droite et de gauche. Jean-Luc Mélenchon, enfin, pour le Front de gauche, a appelé à manifester devant le siège de Standard&Poor’s  le 15 janvier, dénonçant le "sempiternel concours du sang et des larmes".

Seul le secrétaire d’Etat au commerce extérieur Pierre Lellouche a estimé sur Europe 1 que la perte du triple A pouvait entraîner un choc salutaire. "Ce qui est en cause, c'est notre position en Europe, et on voit bien que dans la compétition mondiale, la zone euro est en train de se séparer en deux: il y a ceux qui réussissent dans la mondialisation  et tout le sud de l'Europe qui a basculé dans la dette, souligne-t-il. Nous on est quelque part entre les deux. Que cet électrochoc du triple A serve à dire aux Français vous pouvez y arriver, il n'y a pas une fatalité allemande, une fatalité française".

Les agences de notation Moody's et Fitch affirment le 16 janvier que, pour elles, la France conserve son triple A. Mood'ys annonce qu'elle prolonge son examen de la perspective stable du pays.

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