Pénurie : les industriels de la route à court de bitume
Par Barbara Leblanc - Publié le
PéNURIE ESSENCE S’approvisionnant auprès des raffineries, les industriels de la route (Eurovia, Colas…) manquent de bitume, issu des raffineries, en situation de blocage. Une situation qui pourraient les contraindre à instaurer des mesures de chômage partiel.
Eurovia, Colas …tous les industriels de la route s’inquiètent de la pénurie d’essence. Depuis le 15 otocbre, certains sites connaissent des difficultés d’approvisionnement en bitûme, matière première dans la conception, la réparation et l’entretien des routes.
En cause ? Leur dépendance directe aux raffineries, qui font l’objet de blocages dans le cadre des manifestations contre la réforme des retraites. « Pour faire des routes, nous avons besoin de 5% de bitume mêlé à des granulats, des matériaux indispensables pour fabriquer l’enrobé, explique Jean-Baptiste de Premare, délégué général de l’union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf). Or, le bitume fait l’objet d’un stockage d’une journée seulement, au sein des raffineries. Quand elles s’arrêtent, nous sommes directement touchés ».
Rupture de stocks
Sans pouvoir donner de données chiffrées sur les 500 sites d’enrobage existants en France, le syndicat explique que plusieurs sites de ses adhérents, parmi lesquels les grands groupes Colas et Eurovia, sont en rupture de stocks de bitume. Une répartition géographique fluctuante selon les régions et les actions de blocage et déblocage des grandes raffineries françaises, comme celles de Lavera ou de Grand-Puits. En effet, le secteur de la construction de routes s’est développé au plus près des clients (privés, collectivités locales, l’Etat) et de leurs commandes, induisant une dépendance locale aux raffineries.
Chômage technique et aide transfrontalière
Parmi les régions les plus touchées par le phénomène, les Pays de la Loire et la Seine-et-Marne connaissent d’importants retards d’approvisionnement, certaines entreprises du secteur réfléchissant même à l’instauration prochaine de mesures de chômage technique sur leurs sites d’enrobage.
Cherchant des solutions, certaines entreprises sont tentées d’aller se fournir dans les raffineries transfrontalières, en Belgique, en Espagne ou aux Pays-Bas. Mais selon le syndicat, l’aide se fait au compte-gouttes. Plus globalement, il réclame au gouvernement la prolongation des délais d’exécution des marchés, car les entreprises risquent de ne pas honorer les commandes des maîtres d’ouvrage en temps et en heure.
Le président de la fédération nationale des Travaux publics (FNTP) a fait part de son inquiétude quant à la paralysie progressive de l’activité des entreprises du secteur, qui ont déjà été fragilisées par deux ans de crise. « La pénurie de gasoil empêche les camions d’acheminer les matériaux nécessaires à la réalisation des ouvrages et les collaborateurs des entreprises d’accéder aux 6 000 chnatiers en cours », a-t-il commenté.

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