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Pénibilité : échec des négociations dans la métallurgie

Par Cécile Maillard - Publié le
Métallurgiste
© Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

Aucun des cinq syndicats de salariés n'a accepté de parapher le texte sur la pénibilité proposé par l'IUMM. Le projet parlait de prévention, mais ne comportait aucun volet sur la réparation et la compensation.

Après la chimie, la métallurgie. Les négociations de branche sur la pénibilité, rendues obligatoires par la réforme des retraites de 2010, viennent d'échouer dans le secteur. Pas question pour les cinq syndicats de salariés (CFDT, CGC, CFTC, CGT, FO) de signer le texte proposé par l'IUMM, qui ne prévoit aucune réparation ou compensation pour les salariés exposés à des conditions de travail pénibles durant leur carrière. Des réparations que certains salariés ont obtenues dans l'industrie pétrolière ou le transport routier, mais aussi dans des entreprises comme Rhodia, Sanofi, Arkema, Thalès…

Les représentants des salariés proposaient notamment l'instauration d'un fonds destiné à financer un système de cessation anticipée d'activité. Assimilé au retour des pré-retraites, l'IUMM n'a pas voulu s'engager sur cette voie.

L'échéance de fin décembre 2012

Tous les négociateurs s'accordent à dire qu'ils avaient pourtant bien avancé sur le volet prévention de l'accord. Etait par exemple envisagée la mise en place de comptes-épargne temps, qui auraient permis de convertir en congés les primes pour pénibilité.

En l'absence d'accord de branche, les entreprises de 50 à 299 salariés ont jusqu'à fin décembre 2012 pour signer un accord interne ou mettre en place un plan d'action, sinon elles seront exposées à une pénalité. L'IUMM a voulu rassurer ses adhérents et affirme qu'elle les aidera à mettre en place ces accords, notamment en leur communiquant le volet "prévention" des négociations avortées.

La CFDT ne baisse pas la garde, et indique qu'après les élections, elle demandera au nouveau pouvoir de "créer un dispositif légal national de prise en compte des pénibilités dans la détermination de l'âge de départ en retraite".

François Hollande, s'il est élu, a promis de rouvrir le débat sur ce sujet. Bref, salariés et employeurs partagent le même intérêt : attendre que la collectivité, éventuellement, prenne en charge le coût de la pénibilité.

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