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L'usine Agro

[Pays de la Loire] Le bio à la recherche d'un nouvel équilibre

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Pionnière du bio, la région voit cette filière monter en puissance. Si les volumes sont encore insuffisants, la demande risque d’être excédentaire sur certains segments.

[Pays de la Loire] Le bio à la recherche d'un nouvel équilibre
Intermarché, propriétaire de la Laiterie Saint-Père, en Loire-Atlantique, pousse les agriculteurs à passer au bio.
© photo depoorter

La demande n’est pas un problème pour les acteurs du bio dans les Pays de la Loire. « Elle est considérable, note Benoît Van Ossel, le patron des Coteaux Nantais. Aujourd’hui, c’est plutôt l’offre de fruits de première qualité qui nous limite. » À Saffré, au nord de Nantes (Loire-Alantique), Biolait, premier collecteur français de lait bio de vache devant Lactalis, peine lui aussi à répondre à la demande. « La production dans les fermes ne suffit pas », indique Christophe Baron, le président de cette coopérative, tandis qu’à Saint-Père-en-Retz, la laiterie d’Intermarché s’efforce de pousser davantage d’agriculteurs à se tourner vers le bio.

Pourtant, les conversions vont bon train dans les Pays de la Loire, deuxième région pour l’agriculture biologique, selon l’ancien découpage territorial. En 2016, près de 350 fermes sont passées au bio, portant leur nombre à plus de 2 600, d’après la Chambre régionale d’agriculture. En un an, la surface cultivée s’est accrue de 27 000 hectares pour atteindre 155 000 hectares (+ 22 %), soit 7,4 % des surfaces cultivées totales, contre 3 % une décennie plus tôt. Sur ces conversions, la moitié concerne des exploitations laitières, « ce qui représentera un apport supplémentaire de 49?millions de litres à l’horizon 2018 », estime Vincent Houben, le responsable du pôle bio à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, décrivant un marché « à l’équilibre fragile », qui passerait alors d’un déficit à une situation excédentaire.

En Vendée, la Cavac, pionnière de l’agriculture bio, entend aussi maîtriser sa montée en puissance, afin de ne pas dégrader les prix à la ferme. Mais pour répondre à la demande en porcs, le groupe coopératif a dû pousser les feux pour alimenter sa filiale Bioporc, première charcuterie-salaisonnerie française, acquise en 2014. Il a fallu passer de 250 à 400 porcs transformés par semaine. « Au niveau des élevages, cela a pris un an et demi », précise-t-on à la Cavac. En fin d’exercice, la PME, forte d’une centaine de salariés a réalisé un chiffre d’affaires de 19,5?millions d’euros, en progression de 22 %. Pour accompagner son essor dans le bio, la Cavac vient de convertir l’une de ses usines d’aliments pour bétail, située au Boupère. Cette logique de transformation, le groupe coopératif la mène aussi dans les céréales et le pain. En 2015, il a racheté Biofournil, qui emploie 80 salariés au Puiset-Doré, dans le Maine-et-Loire. Cette PME connaît une croissance de 8 % et a prévu d’étendre ses installations cette année.

Un engagement historique

L’appétence des Pays de la Loire pour l’agriculture biologique est historique, explique Vincent Houben, évoquant les premières initiatives des agronomes Raoul Lemaire et Jean Boucher dans les années 1960. Une agriculture diversifiée, moins intensive, était également propice à ce nouveau mode cultural. En viticulture, par exemple, 12 % des vignerons (10 % des surfaces) de la région ont cédé au bio. Sur certaines appellations comme le savennières, ce taux atteint les 60 %. La région s’est engagée très tôt dans la transformation, avec des acteurs historiques comme Nature et Aliments, une PME plus que centenaire spécialisée dans les préparations en poudre pour les desserts, aides culinaires, potages instantanés… Cette société a vu son activité s’intensifier en 2016, enregistrant une croissance de 17 % et un chiffre d’affaires de 4,6?millions d’euros, elle envisage des investissements cette année. Une nouvelle génération d’entreprises émerge, telles que Saveurs et Nature, une chocolaterie vendéenne, et Nature & Cie, qui produit, près de Nantes, une centaine de références sans gluten. Le commerce n’est pas en reste : les magasins bio prolifèrent, représentés par des acteurs locaux bien ancrés comme la coopérative Chlorophylle, qui s’apprête à ouvrir son sixième supermarché.

L’épanouissement de la filière a aussi bénéficié d’un soutien de la Chambre d’agriculture et des collectivités territoriales. « La filière bio est en croissance, c’est donc maintenant qu’elle a besoin d’être accompagnée techniquement et financièrement, estime Magalie Jost, la présidente de l’interprofession dans la région, plaidant pour un maintien des aides. « Devant l’engouement, nous souhaitions que les conversions soient soumises à des critères dont une étude économique obligatoire et une contractualisation avec un opérateur de transformation », répond Lydie Bernard, nouvelle élue UDI chargée de l’agriculture dans la région Pays de la Loire, précisant que le ministère de l’Agriculture a refusé ces critères de sélection.

Capitaliser sur le label Origine France

La force de la filière tient surtout à l’implication des grands acteurs tels que Terrena, l’une des premières coopératives françaises à avoir développé une puissante branche bio, qui s’est imposée dans la volaille grâce à sa filiale vendéenne Bodin, leader européen avec ses 100 salariés et sa branche Gastronome. Dans ce domaine, la Sarthe est également bien positionnée avec la Coopérative agricole des fermiers de Loué et son allié industriel, LDC. « Il y a une attente sur l’Origine France, le lien au sol, explique Sébastien Aumont, le directeur innovations et communication de la Cavac. Le consommateur bio éclairé veut une relative proximité. » Dès lors, la stratégie des coopératives tend vers une maîtrise de toute la filière, capitalisant sur les terroirs et le label Origine France. À la Cavac, le bio ne représente que 50?millions d’euros du chiffre d’affaires, lui proche du milliard. Mais c’est assurément un levier de croissance. ??

Les Coteaux Nantais, de l’arbre à l’usine


Les Coteaux Nantais revendiquent le premier rang européen dans l’arboriculture fruitière en biodynamie, un mode cultural plus exigeant encore que le bio. Si la vente de fruits frais représente l’essentiel de son activité, l’arboriculteur a su développer une activité de transformation dans deux sites, dont l’un se trouve sur le Marché d’intérêt national (MIN) de Nantes. L’entreprise va investir 6,5?millions d’euros pour les regrouper en une seule usine de 6 600?m², à Remouillé, au sud de Nantes. Cet été, elle sera dotée de deux lignes de production pour les liquides (jus, cidres, vinaigres…) et deux autres pour les pâteux (compotes, purées de fruits, confitures, gelées). L’entreprise mettra en œuvre de nouvelles techniques de cuisson permettant d’améliorer les qualités gustatives du produit. Les Coteaux Nantais prévoient également d’investir plusieurs millions d’euros dans le futur MIN, qui va quitter le?centre-ville pour le sud de Nantes. L’entreprise y établira une base logistique de 5 000?m² pour ses filiales de négoce Kerbio et Provinces Bio. Ces investissements vont de pair avec une croissance stable, à deux chiffres. La société, qui compte 133 salariés, a progressé de 20 % sur le dernier exercice (clos en août), portant son chiffre d’affaires à 19?millions d’euros. L’export, qui représente 17 % des ventes, est en plein essor, y compris sur des destinations lointaines telles que Hongkong, Taïwan et les États-Unis. « La qualité française et le label AB sont plus que jamais porteurs », constate le PDG, Benoît Van Ossel.

 

 

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