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Patrons de l'industrie, la relève

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Olivier Homolle devra notamment assurer la transition vers une
chimie durable.
Olivier Homolle devra notamment assurer la transition vers une chimie durable.
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Chimie, mécanique, cellulose, informatique... de nombreuses fédérations ont élu à leur tête de nouveaux présidents. Ils regorgent de projets ambitieux pour faire évoluer leur secteur.

Le 1er juillet, à la Halle Freyssinet à Paris, le Medef a tenu son assemblée générale. Laurence Parisot y a été réélue comme patronne des patrons et rempilera pour trois ans après son quinquennat. Parmi ses électeurs, elle comptera de nombreuses têtes nouvelles. En particulier dans l'industrie. Car le mois de juin a été marqué par l'arrivée de nouveaux présidents à la tête des grandes fédérations de ce secteur. Photo de famille.

LA CHIMIE EN PLEINE INTROSPECTION
Olivier Homolle, président de l'Union des industries chimiques

Réglementations tous azimuts, concurrence avec le Moyen-Orient, coûts de l'énergie, environnement... De nombreux sujets chauds attendent Olivier Homolle (photo), 57 ans, le nouveau président de l'Union des industries chimiques (UIC). Le président de BASF France, dans l'entreprise depuis 20 ans, a réussi à faire le consensus après un processus d'élection houleux qui a finalement écarté le président sortant Bernard Chambon. Pour maintenir à flots un secteur durement touché par la crise, ce centralien doit relever quatre défis : faire reconnaître l'importance économique de la chimie auprès des pouvoirs publics, assurer la transition vers une chimie durable, améliorer l'image du secteur dans la population et enfin promouvoir les filières de la chimie auprès des étudiants. « Le secteur connaît une mutation rapide et profonde, affirme-t-il. Il va falloir s'adapter, se transformer, choisir les segments d'avenir, savoir se remettre en question et avancer. » Coup de chance, 2011 a été proclamée année internationale de la chimie par l'Onu. Olivier Homolle compte bien en profiter pour rappeler que la chimie reste l'industrie des industries.

LA MÉCANIQUE VAUT AUTANT QUE LA HAUTE TECHNOLOGIE
Jérôme Frantz, président de la Fédération des industries mécaniques

Jérôme Frantz veut redonner ses lettres de noblesse à l’industrie mécanique. Cet homme du sérail remplace, après huit ans de bons et loyaux services, Yvon Jacob, à la présidence de cette puissante fédération de l'industrie française. Jérôme Frantz, 51 ans, l'ancien avocat qui a repris en 1991 la petite entreprise créée par son grand-père, gravite depuis 2003 dans les instances dirigeantes de la FIM. « Je n'ai pas ma langue dans la poche, alors je me suis vite fait remarquer », explique le patron de Frantz Electrolyse. Homme de contact et de réseaux, il a déjà présidé le Medef Hauts-de-Seine. S'il se réjouit du retour en grâce de l'industrie auprès des pouvoirs publics, il veut alerter sur un engouement qui ne concernerait que les seules industries de hautes technologies. « On a délaissé les domaines industriels de base au profit de pays à bas coûts. Une perte de savoir-faire pourrait s'avérer fatale car rien ne sera possible sans nos professions. » Ardent défenseur des sous-traitants, il lance un défi aux grands donneurs d'ordres pour trouver de nouvelles voies : « En s'inspirant du modèle allemand, une ligne médiane entre l'intégration à outrance japonaise et l'absence de toute concertation américaine. » En interne : il veut renforcer la gouvernance collective et faire le ménage dans l'empilement des compétences pour éviter l'escalade des cotisations.


DÉVELOPPER LE POTENTIEL DE LA FIBRE DE BOIS
Jean-Marc Louvet, président de Copacel

À peine arrivé à la tête de la Confédération française de l'industrie des papiers, cartons et celluloses (Copacel), Jean-Marc Louvet présidera, le 6 juillet un événement inhabituel pour sa discrète confédération : un colloque pour sensibiliser parlementaires et représentants des ministères aux innovations de la cellulose. À 59 ans, Jean-Marc Louvet, diplômé de Sciences Po, et président d'UPM Kymmene et UPM Raflatac a appris le métier depuis plus de 20 ans avec les champions finlandais du secteur. Il croit au potentiel de sa filière dans le virage vers une économie décarbonée et vante sa capacité à maintenir des activités sur les territoires. « Nous avons un produit principal, le papier, mais le coeur du business, c'est la fibre de bois, une matière renouvelable. Il faut emmener nos adhérents vers la diversification. » Chimie, bio-carburants, alimentaire, les développements ne manquent pas. De ses patrons finlandais, Jean-Marc Louvet a appris la persévérance. « Dans le monde de l'industrie, où la vision à long terme est très importante, c'est une qualité qui fait parfois défaut aux latins », confie-t-il.

LE NUMÉRIQUE EN LIGNE DE MIRE
Guy Mamou-Mani, président de Syntec informatique

« Si l'on m'avait dit, quand j'étais professeur de maths, que je deviendrais PDG, je ne l'aurais pas cru ! ». Le nouveau président de Syntec informatique, le sera pourtant à l'orée de la trentaine, chez Go International, puis chez CSC France, avant de créer la filiale française de l'éditeur Manugistics puis rejoindre le groupe Open en 1999 dont il est aujourd'hui coprésident. L'homme (53 ans) a son franc-parler. « On me le reproche parfois, concède-t-il. Mais j'ai été élu président de Syntec informatique sur un programme clair ». Au menu, trois thèmes principaux. D'abord la création d'un mouvement plus important, Syntec numérique, qui sera ouvert à d'autres métiers. Ensuite, la renégociation par la fédération Syntec d'une convention collective jugée trop ancienne et n'offrant aucune flexibilité, selon lui. « Les salariés eux-mêmes y ont intérêt », affirme-t-il. Enfin, la poursuite de l'action contre le moindre coût avec les clients, « nuisible à la qualité ». Le tout est sous-tendu par une conviction, la valorisation de l'innovation : « La solution à la crise ne passe ni par l'augmentation des taxes, ni par les économies, mais par l'innovation. »


MONSIEUR INDUSTRIE
Pierre Gattaz, président du groupe des fédérations industrielles

Pour fédérer ces nouveaux patrons, il fallait une nouvelle énergie. Pierre Gattaz, le président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec) et patron de Radiall prend la tête du GFI. Si la vice-présidence de la future conférence de l'industrie lui échappe car le gouvernement a préféré ne pas la confier à un syndicat patronal comme le GFI, nul doute qu'il y défendra des mesures en faveur de la compétitivité. Pour connaître ses recettes, il suffit de se reporter à son dernier livre : « Le bonheur industriel ». Il est à l'image du personnage : un enthousiasme communicatif, une foi en l'innovation, du bon sens et une méfiance envers les partenaires sociaux français qui lui font considérer ceux de son usine chinoise comme un modèle.

Anne-Sophie Bellaiche, Patrice Desmedt, Olivier James et Mirel Scherer

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