Pas de panique à Athènes
Par Solène Davesne - Publié leMalgré la tourmente financière, les entreprises françaises présentes en Grèce comptent maintenir leur présence et même profiter des réformes engagées.
La Grèce peut respirer. Le plan d'aide adopté jeudi dernier à Bruxelles par les dirigeants européens, en association avec le FMI, devrait suffire à rassurer les marchés financiers. De quoi permettre à la Grèce, dont la dette pèse 120 % du PIB, de lever de l'argent à des taux moins élevés. Voire de reprendre les investissements. « Maintenant, est-ce que l'activité va rebondir vite ? C'est la véritable question. Le secteur du bâtiment, qui tirait jusqu'ici la croissance, s'est effondré », s'inquiète le dirigeant de la filiale commerciale d'un fabricant de moteurs industriels, qui a vu les impayés grimper en flèche depuis 2009 et son activité reculer de 30 %. Les quelque 140 entreprises françaises implantées sur place (dont Pernod-Ricard, le fabricant de rasoirs Bic, qui y dispose d'une usine, ou Schneider Electric) s'attendent à une année délicate. Mais aucune ne prévoit de réduire sa voilure sur ce marché de 10 millions de consommateurs. « La situation n'est pas aussi dramatique qu'il n'y paraît vue de l'étranger », tempère Vincent Besnard, le directeur de la filiale du groupe breton Roullier, spécialiste des fertilisants.
Après des années de croissance, suivies d'une crise profonde, la Grèce devrait rester en récession cette année, avec un recul de 3,4 % du PIB en 2010, après - 2 % en 2009 selon BNP Paribas. La cure d'austérité menée par le gouvernement Papandréou, qui prévoit de couper les salaires et d'augmenter la TVA et certaines taxes pour ramener en 2010 le déficit public sous les 4 %, risque de faire dévisser la consommation.
Pour Lafarge, le principal cimentier de Grèce avec trois usines, les ventes devraient baisser de 3 à 8 % en 2010, après une chute vertigineuse de 23 % en 2009. Bien implanté dans le pays avec près de 530 magasins et 2,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, Carrefour a, lui, enregistré un recul de 4,5 % de ses ventes l'an dernier. Mais le groupe prévoit d'utiliser Athènes comme base arrière pour attaquer, dès 2010, le marché balkanique avec son partenaire grec Marinopoulos.
« La crise a été une bonne occasion d'engager des réformes, pour mettre de l'ordre dans l'économie et assainir le marché », affirme Vincent Besnard. La pesanteur de l'administration reste en revanche l'un des freins de la compétitivité grecque.
Les industriels français misent sur un autre atout : les 20 milliards d'euros de fonds européens dont bénéficie Athènes jusqu'en 2013. « Le gouvernement va pouvoir se consacrer à la relance », se félicite Hadi Hannouche, le directeur général de la filiale de Vinci, Vinci Construction Hellas, qui construit déjà l'autoroute entre Athènes et Thessalonique, un chantier de 3 milliards d'euros. Plusieurs partenariats public-privé gelés en 2009 pourraient se débloquer. Notamment l'extension du métro de la capitale vers Le Pirée. « Il y aura de nouvelles opportunités pour des PME sur le marché dès 2011 », affirme-t-il. Enfin une bonne nouvelle ?
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