Le climat s'assombrit dans la conjoncture française. Dans sa note de conjoncture, l'Insee a révisé à 0,4 % seulement la croissance attendue pour 2012 en France. La prévision est plus faible que celle du gouvernement – qui table toujours sur + 0,5 % de croissance pour 2012.
"La France souffrira de la baisse de la demande intérieure de ses partenaires dans la zone euro mais aussi de ses efforts de consolidations budgétaires", assure Eric Dubois, le directeur des études de l'Insee. Dans le détail, l'institut juge que l'activité française a stagné au deuxième trimestre et devrait rester molle sur la fin de l'année, avec une croissance de 0,1 % puis 0,2 % au cours du troisième et quatrième trimestre.
Cette faiblesse se retrouve dans l'industrie. La production industrielle devrait reculer de 0,8 % sur l'année. Après un mauvais début d'année, le second semestre devrait cependant être un peu meilleur avec un très léger redémarrage dans les usines (+0.2% puis +0.3 % de hausse de la production industrielle). Pas assez cependant pour soutenir l'emploi industriel. Après s'être tant bien que mal stabilisé l'an dernier, il devrait plonger de 29 000 emplois au second semestre après en avoir déjà perdu 17 000 au premier.
Les difficultés des entreprises expliquent en partie ce trou d'air. Alors que le dynamisme de leurs dépenses en machines et autres biens d'équipements avait jusque-là tiré la croissance, les investissements des entreprises ont connu au premier trimestre un violent coup de frein, avec un recul de 1,4 %.
Prévision de croissance révisée aussi pour 2013
L'Insee ne prévoit pas de redémarrage avant fin 2012. Le durcissement de l'accès au crédit et l'absence de perspectives d'activité ont incité les entreprises à remiser leurs projets dans les tiroirs. D'autant que le taux de marge des entreprises a atteint son point le plus bas depuis une dizaine d'années. "Les conditions de crédit se sont fortement resserrées fin 2011 mais elles ne sont pas assouplies depuis", souligne Jean-François Ouvrard, économiste de l'Insee.
Où trouver de la croissance cette année ? Pas du côté de la consommation des ménages. Malgré le coup de pouce au SMIC – de 2 % en juillet selon le gouvernement- le pouvoir d'achat des ménages devrait reculer de 0,6 %, sa plus forte baisse depuis 1984.
Le gouvernement a déjà tiré les conséquences de la dégradation de la conjoncture. Pour 2013, la prévision de croissance devrait être révisée. La hausse de 1,7 % du PIB est désormais jugée intenable, au vu de l'absence d'accélération fin 2012.
Dans ce contexte déprimé, l'Insee identifie cependant quelques sources d'espoir. La baisse de l'euro par rapport au dollar et à la livre sterling a amélioré la compétitivité des industriels européens hors de la zone euro. Les exportations devraient être le moteur le plus important de l'économie française, en contribuant pour 0,6 points à la croissance, après une contribution nulle en 2010 et 2011.
Un autre élément pourrait contribuer positivement à la croissance : la baisse des prix du pétrole, qui donnerait un petit peu d'air à la consommation. "Une baisse en-deçà des 100 dollars soutiendrait l'activité plus que prévu", souligne l'Insee.









