Paroles d’industriels aux Assises de l’industrie 2012

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Assises de l'industrie 2012
© S. Julienne - L'Usine Nouvelle

Qu'a pensé le public des Assises de l'industrie organisées par L’Usine Nouvelle des débats qui s'y sont tenus ? Partagent-ils les préoccupations des intervenants ou sont-ils en désaccord ? Tendance à l'issue de la matinée : le président de la PME GYS séduit le public et l'accent mis sur l'innovation convainc l'auditoire.

A peine la deuxième table ronde terminée, sur le chemin du déjeuner, la partie réseautage des Assises de l'industrie pouvait commencer. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut échanger des points de vue avec des personnes venus d'univers différents, tant les quelques 300 personnes présentes pour cette troisième édition étaient issues de tous les secteurs de l'économie.

A l'heure des commentaires, le ministre du redressement productif n'est pas l'objet de toutes les conversations. "Il a fait de la politique", indique ainsi un cadre de l'industrie, tandis que son voisin regrette "quand il fait l'éloge des chaussures bleu blanc rouge, il pourrait réunir gauche et droite sur son nom. Dommage qu'il fasse autant de politique."

La vraie star du buzzomètre, ce mercredi matin, c'est plutôt Bruno Bouygues, le directeur général de Gys, une PMI qui fabrique des postes de soudure. Son discours volontariste a touché dans le mille. Notamment le passage où il a expliqué qu'aujourd'hui, il avait 100 ingénieurs dans son usine, là où un seul suffisait il y a encore dix ans. Une démarche qu'approuve un cadre de Safran qui résume : "Il a tout compris. On ne s'en sortira qu'en mettant plus d'ingénieurs dans les usines. C'est la planche de salut de notre industrie."

Plus globalement, Philippe Guliana, chargé de mission recherche et innovation chez RFF, estime que "le débat a basculé quand on parlé d'innovation. C'est un mot magique qui permet de sortir de la problématique de baisse des coûts. L'innovation crée de la valeur. Aussi bien Carlos Tavarès, directeur général de Renault que le président de Rossignol ou de STMicroelectronics ont insisté sur l'importance de celle-ci pour que le site France reste productif" estime-t-il.

Didier Michaud-Daniel, directeur général de Bureau Veritas, partage, lui, l'approche de Bruno Cercley, le Président de Rossignol. Ce dernier expliquait qu'il lui faudrait plus de 8 mois de délai pour un plan de départ volontaire de 22 personnes qui aurait pu être boucler en deux mois avec l'accord des intéressés. "Jusqu'au début de 2012, je travaillais aux Etats-Unis chez Otis et le temps qu'il faut pour régler ce genre de situations en France me semble affolant" constate-t-il, tout en déplorant le coût de la main d'œuvre française. Un handicap dans une économie ouverte et globale.

Pour Serge Body, directeur commercial France de Colas, ces questions de coût sont moins stratégiques, car "nous n'exportons pas un modèle, un produit." Toujours est-il qu'il reconnaît que le made in France est un atout pour exporter. "Dans les technologies routières, le savoir-faire français est reconnu, c'est un véritable atout pour exporter" estime-t-il.

Le directeur marketing de Daher, Vincent Chanron, a apprécié "l'ouverture du panel et la grande variété des sujets abordés au cours de la matinée." Une ouverture qui se poursuivra lors des tables rondes de l'après-midi, avant que les trophées des industriels de l’année ne soient remis en fin de journée.

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