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L'Usine Campus

Paris-Saclay enlisé sans pilote, selon la Cour des comptes

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Dans son rapport 2017, la Cour des comptes ne pointe pas tant les coûts mal évalués de Paris Saclay (5,3 Md€), que le manque de coordination globale et de stratégie pour sortir de l’ornière le projet d’université intégrée, aujourd’hui dans l’impasse.

Y-a-il un pilote dans Paris-Saclay ?
Plateau de Saclay vu du ciel.
© D. R.

Paris-Saclay est dans l’ornière. Pourtant, au bout de la route, la destination a tout pour faire rêver : un « cluster » scientifique et académique capable de rivaliser avec la Silicon Valley… Mais, le temps de parcours risque de sérieusement se rallonger. Car, comme souvent en politique, chemin faisant, le projet initial lancé en novembre 2008 s’est vu ajouter des étapes. Il ne s’agit plus seulement d’attirer, au milieu des champs du plateau de Saclay, écoles, laboratoires publics, entreprises et start-up pour créer des synergies avec ceux déjà là (école Polytechnique, Institut d’optique, centre R & D de Thales, Université d’Orsay…), de mener une stratégie d’aménagement et de développement économique du site s’inscrivant dans celle du Grand Paris et surtout de créer une université capable de se classer parmi les premières mondiales. Or ce projet-là est à l’arrêt.

Chiffrage incertains et sans transparence

"L’État s’est lancé dans le projet très ambitieux de Paris-Saclay sans avoir au préalable défini clairement les moyens permettant de le réaliser", pointe la Cour des comptes. Ces moyens, à défaut de gouvernance centrale et de budget global, la Cour a dû les reconstituer. Elle a évalué le montant total des financements publics identifiables prévus ou engagés depuis 2010 à 5,262 milliards d’euros dont 684 M€ par l’État pour les projets d’enseignement supérieur et de recherche de Paris-Saclay (comprenant les 288 millions d'euros d’intérêts de la dotation non consommable de 950 milliards d'euros affectée à l’IDEX), 2,624 milliards d'euros pour le volet immobilier et 1,954 milliards d'euros pour le volet consacré aux transports (ligne 18 du métro incluse). Avec les financements privés liés au développement économique, l’enveloppe dépasse les 5,9 milliards d’euros.

Or ces financements, massifs, correspondent à des besoins souvent mal évalués, la Cour pointant un "chiffrage incertain et peu transparent", sans parler des "défaillances de gestion" de l’établissement public d’aménagement de Paris-Saclay (EPAPS). Ce dernier dit s’être réorganisé au cours de l’été 2015 afin "d’adapter son organisation aux évolutions de son activité", mais il a fallu attendre juillet 2016 pour qu’une stratégie de développement économique soit validée par son conseil d’administration ! Car l’implantation de l’impressionnant centre de R & D d’EDF sur le site, et l’arrivée des laboratoires Servier ou d’Air liquide ne vont pas suffire. Quant au volet transport, en attendant la ligne 18 (2024) du Grand Paris, par manque d’infrastructures nouvelles et de transports en commun suffisants, le site connaît des encombrements routiers pénalisants, le site connaît de nombreux encombrements.

L'impossible IDEX

Mais c’est le projet de regroupement universitaire qui pose le plus problème, malgré une première étape réussie avec la création de l’université de Paris-Saclay, d’abord sous la forme d’une fondation (2011) puis d’une COMUE (2015) et des avancées, comme la diplomation commune ou la création d’un fonds start-up commun. Côté valorisation, par exemple, la SATT Saclay but sur les structures propres à chaque école. Mais c’est le projet d’« université intégrée », prévu dans l’initiative d’excellence (IDEX) du Programme d’investissement d’avenir, qui est aujourd’hui dans l’impasse.

Car deux logiques s’affrontent. Celle des anciens membres du PRES Universud Paris, favorables à l’intégration totale, et celle de la plupart des membres de l’ancien PRES Paris Tech, avec pour chef de file l’École polytechnique, qui craignent de diluer leur réputation d’excellence dans une université encore sans renommée et peu sélective. L’École polytechnique, voulant même réunir dans une « alliance » l’ensemble des grandes écoles d’ingénieurs du plateau de Saclay. Or, rejeté en 2011, accordé en 2015 mais jugé encore insuffisant en 2016, le projet d’Idex n’a plus que jusqu’à fin 2017 pour présenter au Jury du PIA une structure apte à construire l’université d’excellence de taille internationale !

Manque de Volontée politique ?

Et pas de demi-tour possible. "Le projet est aujourd’hui entré dans une phase opérationnelle interdisant tout retour en arrière, avec le déménagement en cours de plusieurs établissements d’enseignement supérieur", écrivent les magistrats de la Cour. En revanche, il faut un pilote pour coordonner "une multiplicité d’acteurs dont les compétences, les périmètres, les moyens et les intérêts divergent". Or depuis la suppression en 2010 du secrétariat d’État chargé du développement de la région capitale, aucun membre du Gouvernement n’est plus chargé de cette mission spécifique. La présidente du conseil régional d’Île-de-France, aussi présidente de l’établissement public d’aménagement de Paris-Saclay (EPAPS) n’a même pas répondu à la Cour des comptes ! Et sans décision politique forte, le président de l’université Paris-Saclay, Gilles Bloch, ne trouvera pas de solution.

Les dates clés

2008 : lancement du projet Paris-Saclay par le président de la République le site accueille déjà 43 000 étudiants et 37 000 chercheurs.

2009 : élaboration du Grand Paris et décision de financement

2011 : création d’une fondation de coopération scientifique, regroupant les établissements d’enseignement supérieur et les organismes scientifiques implantés sur le site.

Arrivée de l’ENSTA

2015 : L’Université Paris-Saclay prend la forme d’une communauté d’universités et établissements (COMUE).

2016 : inauguration du centre de R & D d’EDF, première pierre du centre R & D d’Air Liquide

2017 : Arrivée de l’ENSAE et de Centrale Paris

2018 : Arrivée de l’ENS Cachan

2019 : Arrivé d’AgroParisTech

2020 : Arrivée de l’Institut Mines Télécom. 56 000 étudiants sur le site

2024 : Arrivée prévue de la ligne de métro 18

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1 commentaire

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16/02/2017 - 20h14 -

Moi même salariée à Centrale Supelec nous vivons sans transparence depuis 2010 nous connaissons ce problème qui est de taille
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