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PAI et Sodiaal confirment neuf "marques d'intérêt" pour Yoplait

Publié le

par Julien Ponthus et Nina Sovich

PARIS (Reuters) - Les actionnaires de Yoplait ont confirmé mercredi avoir reçu neuf "marques d'intérêt" pour la reprise des 50% du capital détenus par le fonds d'investissement PAI dans le numéro deux mondial des produits laitiers frais.

Le groupe coopératif Sodiaal, qui détient les 50% restants, souhaite, lui, rester actionnaire de Yoplait aux côté de l'entreprise qui proposera la meilleure offre de reprise.

"Sodiaal et PAI décideront dans les prochains jours des candidats qui seront invités à poursuivre le processus dans le cadre d'un deuxième tour", ont indiqué les deux actionnaires, qui précisent que le prix proposé ne sera pas le seul critère retenu.

La cession doit en effet permettre à Yoplait de conforter ses positions dans ses marchés principaux mais aussi d'accélérer son développement dans les pays émergents comme la Chine, l'Inde ou des régions comme l'Amérique latine.

Selon une source proche du dossier, le groupe chinois Bright Food aurait fait l'offre la plus élevée, avec une valorisation du créateur du yaourt à boire "Yop" comprise entre 1,8 et 1,9 milliard d'euros.

Le communiqué ne donne pas de précisions sur les montants ou l'identité des repreneurs, mais évoque néanmoins des "acquéreurs industriels et financiers, français et étrangers".

PAI et la coopérative Sodiaal ont repoussé en novembre une offre d'achat du groupe coopératif français Lactalis qui s'élevait à 1,3 milliard d'euros.

ANCRAGE FRANÇAIS

Outre Bright Food, les groupes mentionnés dans la presse comme des repreneurs potentiels sont les français Bel et Lactalis, le suisse Nestlé, l'américain General Mills, le mexicain Lala et trois fonds d'investissements, Lion Capital, Axa Private Equity et Bain Capital.

Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) pourrait également prendre une participation dans Yoplait, par exemple à l'occasion d'une augmentation de capital, ont indiqué à Reuters des sources proches du dossier.

Elle précisent néanmoins que le fonds souverain à la française n'aurait pas d'exclusive vis-à-vis des candidats, notamment aucun tabou en termes de nationalité.

Le montage de l'opération permettrait en effet de conforter le caractère français de l'entreprise en dissociant d'une part la société d'exploitation qui comprend les usines, et de l'autre la société détentrice des marques et des droits de Yoplait.

Cette dernière entité reçoit des royalties des entreprises qui exploitent la marque Yoplait à l'étranger, notamment là où le groupe n'a pas d'unité de production.

Si Sodiaal souhaite conserver le co-contrôle de la société détentrice des marques, elle pourrait diminuer sa participation dans la société opérationnelle, permettant à un fonds d'investissement d'investir dans de nouvelles usines, voire à un groupe industriel d'apporter dans la corbeille des unités de production.

"Cette structure, en pérennisant le rôle-clé de Sodiaal au sein du capital de Yoplait, garantit l'ancrage français du groupe", indiquent Sodiaal et PAI dans leur communiqué.

Des questions fiscales ainsi que le décès du directeur général de Sodiaal Claude Sendowski ont compliqué le processus de vente de Yoplait, marqué par un vif intérêt pour les entreprises agroalimentaires, notamment des pays émergents.

Edité par Dominique Rodriguez

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