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Oxand : les grands groupes lui donnent de l’élan

Le 11 novembre 2009 par Ana Lutzky
Bruno Gérard, fondateur d'Oxand
Bruno Gérard, fondateur d'Oxand
© Oxand

De grands groupes tels qu’EDF et Total ont permis à la PME Oxand de développer son expertise en management des risques technologiques et en particulier dans l’analyse des risques du stockage du CO2.

Qui a dit que les start-up ne pouvaient espérer qu'être phagocytées par des plus gros du secteur ? Oxand semble s’être plutôt bien débrouillée.  Le contexte de son démarrage, en 2000-2001, y est pour beaucoup. Euphorie de l’Internet, cours de bourse en liesse… « Tous les grands groupes industriels cherchaient à voir s’ils n’avaient pas des pépites qu’ils pouvaient mettre en start-up », retrace Bruno Gérard, fondateur d’Oxand. A l’époque, il est spécialiste du vieillissement des installations industrielles chez EDF, au sein de la division R&D. Un grand groupe qui lui donnera les bons appuis pour se lancer.

L’ouverture des marchés sur la concurrence internationale pousse EDF à baisser ses frais de maintenance au KWh, et à se replier sur le métier de producteur d’électricité au meilleur coût. « C’était un bon moment pour créer une entreprise », se remémore Bruno Gérard. Si le producteur national d’électricité ne cherche pas à développer des nouvelles thématiques de recherche et développement, lui a néanmoins quelques idées. Il soumet à son employeur son projet d’examiner un congé pour création d’entreprise. Pas de problème : soutenir des start-up prometteuses est une gageure pour EDF, qui tient régulièrement une commission d’essaimage. Le groupe sait combien il gagne à encourager des initiatives d’entrepreneurs inventifs, plutôt qu’à susciter des trouvailles en interne.  Surtout lorsque que ces initiatives sont portées par les « bons éléments » dans ses rangs salariaux.

Management du risque industriel

Normalien, agrégé de génie civil, titulaire d’un double doctorat sur le vieillissement dans le génie civil et sur le stockage déchets radioactifs, Bruno Gérard semble tout à fait armé pour concrétiser son projet. A la croisée des sciences, des techniques, et des finances, il souhaite monter une entreprise d’aide à la décision sur des grands projets industriels. Spécialité : le management du risque industriel et la gestion du vieillissement.

« EDF bénéficie aujourd’hui  de toute l’innovation d’Oxand », rappelle Bruno Gérard, « à moindre risque » : en 2003, le groupe commence par acheter des prestations à la PME, sans participer aux fonds propres nourris par les deniers des cinq fondateurs. Ce n’est qu’un an plus tard, une fois que la start-up lui semble solide, qu’EDF entre au capital d’Oxand. En 2004, un fond d’investissement entre dans la danse. L’affaire est désormais bien lancée.

En 2008, le chiffre d’affaires s’est réparti sur trois secteurs : l’énergie pour 30% (durée de vie des anciens réacteurs, prolongation de la durée des terminaux de GNL), le transport pour 30%, et la capture et le stockage de carbone (CCS) pour 40%. Ce dernier secteur étant appelé à monter en puissance, et l’engouement pour le nucléaire ne se démentissant pas à l’heure du réchauffement climatique, Oxand a de beaux jours devant elle. « Cette année, on assiste même à une bagarre de chiffre d’affaires entre le CCS et le nucléaire », note déjà Bruno Gérard. 

Dans le champ du stockage du carbone, il peut d’ailleurs compter sur l’appui d'un autre grand : le  pétrolier Total.  Les gisements d’hydrocarbures déplétés sont promis à une seconde vie grâce  à la séquestration du CO2, et le pétrolier compte bien se positionner sur ces nouveaux domaines d’activité. La PME a su développer pour les grands groupes du secteur un progiciel , et tester ses savoir-faire dans la cartographie des risques liés au stockage du CO2.  Au démarrage comme lors de sa montée en puissance, Oxand semble avoir su se faire porter par de grandes entreprises, plutôt qu'être étouffée par elles. « Total joue son rôle : passer des commandes pour tester nos technologies », mentionne Bruno Gérard. D’ailleurs, Oxand est en ce moment hébergé dans les bureaux de Total à Calgary au Canada.
 

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2 réactions

Escaravage | 12/11/2009 - 13H53

Business as usual :
Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020.

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Escaravage | 11/11/2009 - 10H43

Etant donné que vous ne publiez que les commentaires favorables à cette "usine à gaz", je pense que nous ne sommes pa prêts de voir apparaître "le premier à réagir" à moins que vous usiez d'arguments convaincants...

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