Où se cache le design français ?

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design ou es-tu ?
© APCI

« Design, où es-tu ? » Avec un titre d’exposition pareil, pour son rendez-vous annuel à la Cité des Sciences et de l’industrie de Paris, l’Observeur du design mettrait-il les pieds dans le plat ?

 

Au premier degré, c’est bien sûr une invitation à dénicher le design que l’on ne voit pas au-delà du style (la forme), dans le service, l’interface, l’éco-conception, la réflexion sur les usages…

Et l’exercice est difficile. La scénographie de l''exposition propose cinq parcours pour dénicher le design des 170 projets présentés : dans la réflexion et l’anticipation, dans les matériaux et la production, dans les usages et les services, dans les formes et les couleurs et dans l’identité et les valeurs. La diversité des projets présentés dans chaque espace, montre bien que le design serait en fait partout. Mais la démarche des designers et leur apport à l’innovation restent cette année assez floue. On regrette les cartels didactiques d’il y a deux ans.

Surtout l’exposition laisse une désagréable impression de déjà-vu. Que de sac à dos, de vestes et chaussures de sport, sans parler de l’annuel produit Dyson, et produit électronique grand public Samsung. Et effectivement on cherche, non pas le design, mais l’innovation dans le design. Selon Anne-Marie Boutin, directrice de l’APCI à l’origine de l’Observeur du design, après l’éco-design, le numérique l’innovation résiderait aujourd’hui dans le design de service. Mais, les rares projets « service » de l’exposition sont quasi invisibles, leur présentation, sur des tablettes, incompréhensible, la démarche des designers imperceptible. Même le nouveau téléphone Doro pour senior, dont tout l’intérêt réside dans le service associé, passe inaperçu derrière sa vitrine.

Sorti du style, où se cache donc le nouveau design français ? C’est peut-être dans les projets en recherche d’éditeur, des jeunes designers qui préfèrent avancer seul, qu’en agence ou intégrés, que l’on trouve le plus d’idées neuves. Ils parlent de tordre le coup à l’obsolescence programmée des objets et d’allonger leur durée de vie. Ils explorent la conception open source et communautaires. Ils tendent de nouvelles approches pour la prise de médicament…

Mais une chose est sûre… Le design présenté à l’Observeur du design 13 (pour 3013) ne fait pas la part belle au made in France. Sorti des produits de petites séries (mobilier) ou très haut de gamme (Le Cornue) et de quelques tentatives de localisation de production (comme le seau ménager de Paul Masquin !), les projets présentés sont produits ailleurs. Même la Tweezy de Renault sort d’une usine… espagnole. Pourtant, le design pourrait être un outil de ré-industrialisation. La mise en œuvre du Centre national du design par Anne-Marie Boutin depuis janvier 2012, et malgré un budget famélique (elle n’a reçu que 43 % du million d’euros promis), devrait faire avancer l’idée. Démonstration l’année prochaine ?

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