Osseomatrix fabrique des os
Par PATRICE DESMEDT - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3256Osseomatrix fabrique des os à partir de poudre de céramique. Rien d'original, mais celui-ci peut s'adapter parfaitement à la perte osseuse constatée. De plus, il est capable de générer une colonisation de cellules. Grâce à des caractéristiques très proches de celles d'un os véritable, il élimine, pour les articulations, les problèmes liés à la trop grande dureté des prothèses. Le procédé, protégé par deux brevets, est le fruit d'une lente maturation. Didier Nimal, 54 ans, a créé Osseomatrix en 2009. Ce docteur en chirurgie dentaire a complété sa formation par des études de biologie et de management et a travaillé pendant vingt-cinq ans dans l'industrie médicale. Il est le fondateur d'Entific, un essaimage de Nobel Biocare racheté par l'australien Cochlear. Après cette expérience, Didier Nimal décide de capitaliser sur son expérience de reconstitution de tissus et de profiter des systèmes de prototypage rapide pour créer une entreprise sur ses propres fonds. Il s'entoure d'un petit groupe d'ingénieurs de différentes spécialités (CAO, génie des procédés, biocéramique) et reçoit l'appui du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), du CNRS et des écoles des mines de Paris et de Saint-Étienne. Le savoir-faire d'Osseomatrix repose sur la chaîne d'acquisition des données et sur le procédé de fabrication de l'os artificiel. Le point de départ, c'est une reconstitution en 3D de l'os endommagé à partir des clichés d'un scanner. La partie à fabriquer est modélisée à l'aide d'un logiciel de CAO puis fabriquée par superposition de couches. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 100 000 euros en 2010 par la vente de son dispositif pour la culture cellulaire 3D. La commercialisation des os artificiels est prévue pour la fin 2012, après autorisation de l'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps). Didier Nimal prépare une levée de fonds, pour l'accompagner.
Osseomatrix associe l'utilisation de fichiers CAO et un système de prototypage rapide. Le système unique de soudage direct des grains de céramique, sans chauffage, permet la fabrication d'os aux formes complexes avec une très grande précision, dont la structure interne permet une recolonnisation par des tissus osseux naturels.
En France, on compte un million de fractures osseuses par an, dont 5 % à 10 % ne sont pas réparées. Deux millions de greffes osseuses sont réalisées dans le monde chaque année.











