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Orange, opérateur réseau avant tout

Par Aurélie Barbaux - Publié le
 

Machine arrière toute. Fini les contenus, les chaînes de TV, les droits du football... Orange revient sur son cœur de métier : les réseaux. De la vaste consultation menée à partir de mars 2010 par Orange auprès de 2000 de ses cadres dans toutes ses filiales, le besoin de renouer avec l’activité historique est un des messages le plus communément et fortement remonté. Du coup, Orange cherche des partenaires pour prendre des positions majoritaires dans ses chaînes de TV et ne s’engagera plus dans des projets de contenus qu’en position minoritaire.

Et Stéphane Richard, directeur général de France-Télécom-Orange, ne ménage pas sa peine pour réhabiliter la technologie : "Depuis quelques temps, on avait l’impression que la révolution numérique ne se passait que dans les services. Dans les mois à venir, on va redécouvrir l’importance des réseaux fixes et mobiles", a-t-il déclaré à la presse, presque comme une incantation. Il a même attaqué de front les géants internet comme Google et Apple, qu’il accuse d’essayer de couper Orange de ses clients finaux en organisant une désintermédiation : "Nous sommes des militants d’un monde ouvert, face aux nombreuses stratégies qui défendent un modèle fermé", a-t-il affirmé.

Stéphane Richard promet donc de renverser la tendance et de replacer les opérateurs au cœur de la révolution numérique ! Comment ? Le message est moins clair. Soit, le groupe va investir comme prévu 2 milliards d’euros dans la fibre optique en France, se tient prêt à passer au très haut débit mobile (LTE) dès que le régulateur donne son feu vert et à investir dans des data center pour soutenir le déploiement de solutions de "cloud computing". Mais, il n’y a là rien de très nouveau.

En revanche, le nouveau stratège d’Orange a profité de l’annonce du nouveau plan à 5 ans pour tordre le cou au forfait illimité : "L’illimité n’existe que pour la voix et les SMS et encore, hors du roaming", prévient-il. "Il faut réfléchir à de nouvelles tarifications pour rétablir l’accès à cette ressource rare qu’est le réseau." La rareté ? Voilà peut-être la clé de la réhabilitation du métier d’opérateur face aux géants du service. Mais une stratégie de pénurie, si elle peut être rentable, est très dangereuse à manier. Or dans les télécoms, plus qu’ailleurs, la Commission européenne veille au grain de la libre concurrence. Il ne faudrait pas que les opérateurs tentent de jouer avec ce feu-là. 

Aurélie Barbaux

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