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Oracle s'attaque frontalement à SAP

Par Christophe Dutheil - Publié le
Oracle Mogador
© Oracle

L'éditeur américain a présenté, hier à Paris, Oracle Business Intelligence Enterprise Edition 11g (OBIEE 11g), une nouvelle version de sa plate-forme de décisionnel et de gestion de la performance. En ligne de mire : SAP et ses solutions Business Objects, héritées du rachat de l'éditeur éponyme en 2007.

SAP lorgne avec envie sur « pré carré » des bases de données ? Qu'à cela ne tienne, Oracle, qui n'avait pas annoncé d'évolution majeure de son offre de « business intelligence » depuis 2007, vient de dévoiler son nouveau plan d'attaque pour détrôner SAP, qui domine le segment du décisionnel avec son offre BusinessObjects. A en croire Charles Phillips, président d'Oracle, qui s'est déplacé à Paris pour l'occasion, ce serait en bonne voie. D'après lui, 82 % des grandes entreprises du classement « Fortune Global 500 » utiliseraient au moins une solution de décisionnel Oracle. Et ce, alors que 89% de ces grands comptes auraient déployé au moins un progiciel SAP.

Par quel biais Oracle compte-t-il faire de l'ombre à son grand rival ? Pour s'imposer sur le marché du décisionnel, l'éditeur mise sur sa capacité à offrir des applications compatibles avec l'ensemble de son portefeuille, qui « va désormais du stockage au décisionnel », a martelé Charles Phillip, en soulignant qu'en « qualité de spécialiste des bases de données, Oracle est proche du décisionnel depuis de nombreuses années ». Autre élément de différenciation : « Le groupe est en mesure de faire travailler toutes ces solutions ensemble et d'offrir un point de contact unique », insiste-t-il.

Une suite complète


Mais quelles sont les nouveautés par rapport à ce qui est déjà proposé par SAP ? Selon le président d'Oracle, OBIEE 11g se distinguerait des applications SAP concurrentes sur plusieurs aspects, à commencer par sa capacité à « offrir une interface unique pour les analyses relationnelles et les analyses OLAP » (Online Analytical Processing), autrement dit le traitement analytique en ligne. Plus précisément, Oracle indique que « Business Intelligence 11g devient la première solution capable d'unifier les technologies OLAP relationnelles (R OLAP) et multidimensionnelles (M-OLAP) ainsi que le reporting d'entreprise, en s'appuyant sur une même infrastructure technologique ». Le secret ? Une « extension des fonctionnalités du modèle de données de référence (Common Enterprise Information Model) » selon l'éditeur, qui ajoute que ce modèle a été renforcé pour couvrir « des centaines de sources de données dans les formats relationnels, OLAP et XML ». Pour Paul Rodwick, vice-président produits de gestion d'Oracle, la compatibilité avec de nombreux silos représente d'ailleurs l'un des principaux atouts d'OBIEE 11g : la solution pourra, selon lui, interroger aussi bien des entrepôts de données Teradata que des bases Oracle, SQL Server (Microsoft) ou DB2 (IBM).

S'y ajoute, d'après la même source, des nouveautés dans les tableaux de bord (avec un nouvel éditeur basé sur une technologie de client léger), le reporting d'entreprise et la recherche (grâce à une intégration avec Oracle Secure Enterprise Search, qui n'est pas sans rappeler la solution BusinessObjects Explorer de SAP).

Plan d’actions

Enfin, une nouvelle fonctionnalité dénommée « Action Framework » permettrait aux utilisateurs de « lier l'analyse à l'action, en déclenchant une action telle qu’un processus opérationnel ou un service Web, directement depuis leur tableau de bord ». Une fonctionnalité qui ferait elle aussi défaut à SAP BusinessObjects, de même qu'un système de collaboration permettant de partager et de discuter en temps réel des analyses. Ce qui est plus surprenant puisque c'est précisément l'un des objectifs de l'offre StreamWork (ex-12sprints) présentée il y a quelques mois par SAP.

Christophe Dutheil

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