Optimiser la maintenance des équipements

Mis à jour le 26 mars 2012, à 14h00 - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3267

Curative ou préventive, la maintenance est une source de productivité et de profits importants. À condition de choisir les méthodes et les outils adéquats.

L'heure, c'est l'heure... La maintenance des équipements d'une usine doit obéir à une programmation dont la précision est digne d'une horloge. Un souci pour les responsables de production, obligés de faire des choix entre différentes approches de maintenance tout en respectant le budget. Si réparer une machine avant qu'elle en ait réellement besoin coûte cher, intervenir trop tard sur un équipement critique peut provoquer l'arrêt pur et simple de la production. "Les questions qui hantent les directeurs d'usines sont multiples", explique Sacha Lukic, le chef du service maintenance chez Apave Alsacienne SAS. Faut-il externaliser les opérations de maintenance ? Que faire pour garder les compétences clés ? Quand appliquer la maintenance anticipée ? Comment maîtriser les risques ? Conseils de spécialistes.

1 - Écouter les machines

Faire de la maintenance purement curative (en cas de panne) ou avec un zeste de prévention (par anticipation), ou encore totalement conditionnelle (subordonnée à l'état - "condition", en anglais - du matériel)... Il faut choisir. "Dans certains cas, les dispositions réglementaires obligent les entreprises à faire du préventif", explique Jean-Benoît Nonque, le vice-président d'Infor. "Une contrainte prise en compte par les fabricants de machines. De plus en plus d'équipements sont ainsi équipés de dispositifs qui enregistrent le nombre d'heures de fonctionnement, voire le taux de fatigue de la machine, en indiquant à l'utilisateur la date exacte d'intervention." Exactement comme sur les voitures de dernière génération.

"Des compteurs peuvent aussi surveiller la consommation énergétique des équipements et alerter, par e-mail, en cas de dépassement des consignes", ajoute Laurent Truscello, le responsable Produits et Services chez Carl Software. Pour une bonne maintenance, le nerf de la guerre, c'est l'exploitation efficace des informations.

L'arme, ce sont les logiciels de gestion de la maintenance (GMAO), comme ceux fournis par les éditeurs Carl Software, Infor, IBM, Siveco, Apave ou Dimo Maint. Ils facilitent le suivi en temps réel des opérations de maintenance. Surtout, ils se mettent au goût du jour en s'adaptant aux tablettes et téléphones portables, pour informer en direct les responsables. "De plus en plus communicants, les équipements, mais aussi les techniciens de maintenance, peuvent ainsi dialoguer à distance avec la GMAO", constate Frédéric Boutier, le directeur général adjoint de Siveco.

2 - Réparer ou remplacer ?

La réduction des coûts de maintenance passe donc impérativement par la connaissance approfondie des équipements. "Un référentiel qui doit être mis en adéquation avec les immobilisations comptables", souligne Guilhem Paternotte, le directeur du cabinet de conseil en maintenance Acssiom. "Ainsi, on ne réparera pas involontairement un équipement sous garantie."

Guilhem Paternotte recommande également une organisation des équipements qui soit multicontexte (selon la géographie, la fonctionnalité, la nomenclature, etc.) dans les logiciels de GMAO. "Cela facilite les recherches et les remontées d'analyses", indique le spécialiste.

La connaissance fine du parc machines d'une usine permettra aux responsables de la maintenance de fournir au directeur financier des éléments pertinents pour prendre les décisions de remplacement ou de retrofit. C'est souvent le cas des machines-outils de grande précision, qui coûtent cher et dont la rénovation peut s'avérer plus intéressante que l'achat d'un nouvel équipement.

"En revanche, on remplacera toujours une machine qui consomme beaucoup, dont la maintenance est coûteuse et le risque de panne accru. Une analyse que les logiciels de GMAO assurent sans peine", précise Jean-Benoît Nonque. Pour lui, on peut aussi prolonger la vie d'un équipement, même s'il consomme un peu plus, en lui donnant une nouvelle vie dans un environnement de maintenance moins pénalisant. "Veolia Transport a décidé, par exemple, d'utiliser plus longtemps ses bus usagés en les déplaçant de Suède en Roumanie, où les coûts de maintenance sont inférieurs", indique le spécialiste d'Infor.

3 - Sous-traiter avec précaution

Enfin, pour réduire les coûts, de nombreuses entreprises externalisent les opérations de maintenance de leurs actifs. "Encore faut-il bien mesurer et gérer la qualité des interventions des sous-traitants", conseille Jean-Benoît Nonque. "Et éviter le risque, trop fréquent en cas d'externalisation complète, de perte d'informations sur le fonctionnement d'équipements stratégiques pour l'entreprise."

Pour garder le contrôle et la main sur sa maintenance, une seule règle s'impose : toutes les données et interventions doivent être consignées dans un logiciel de GMAO et être accessibles à l'entreprise. Des recommandations que soutiennent Sacha Lukic et Frédéric Boutier : "Cette précaution permet aussi d'évaluer en permanence le sous-traitant et de le mettre en concurrence avant le renouvellement d'un contrat."

Comment ? "Grâce à la mise en place de critères pour mesurer les délais d'intervention et les coûts de la sous-traitance", répond Laurent Truscello qui préconise le contrôle et un ajustement permanent de la maintenance externalisée. "Il faut enregistrer toutes les informations de maintenance des équipements grâce à la GMAO. Ainsi le changement de prestataire se fait sans douleur."

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