Opel : sauvé par ses concessionnaires européens ?
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Une prise de participation minoritaire de l'ordre de 10 à 15 % du capital d'Opel ? C'est ce qu'a proposé la fédération Euroda, réunissant les quelque 4 000 concessionnaires européens du constructeur allemand, filiale de General Motors.
Les distributeurs français ont approuvé le 12 mai ce projet à 181 voix sur 184. Seuls les concessionnaires finlandais l'ont rejeté.Le financement de la prise de participation devrait intervenir par la création d'un fonds de 500 millions d'euros maximum, alimenté par chaque concessionnaire à hauteur de 150 euros par voiture vendue de la marque Opel ou de sa « cousine britannique » Vauxhall au cours des trois prochaines années.
En contrepartie, la fédération réclame un siège au conseil de surveillance de la future société « Opel Europe », rassemblant Opel et Vauxhall. En effet, General Motors, au bord de la faillite, a annoncé son intention de se retirer partiellement du capital de ses filiales européennes, pour ne garder qu'une participation minoritaire.
Société fiduciaire
« Les concessionnaires doivent entamer des discussions avec Opel et General Motors la semaine prochaine. Ils veulent discuter avec plusieurs gouvernements, dont l'Allemagne et les autres investisseurs potentiels », a précisé le président d'Euroda, Jaap Timmer. Parmi eux, le constructeur italien Fiat et l'équipementier canadien Magna, qui ont jusqu'au 20 mai pour présenter une offre viable au gouvernement allemand. « Nous n'avons aucune préférence pour un investisseur », a expliqué le président d'Euroda.
Pour le gouvernement, la création d'une société fiduciaire pour gérer Opel serait une bonne solution, « en cas de projets viables de reprise ». Sans quoi la mise en faillite peut aussi marquer un nouveau départ réussi », selon le ministre de l'Economie, Karl-Theodor zu Guttenberg.
Minorité de blocage
Les salariés du constructeur allemand, craignant l'arrivée au capital de Fiat et la destruction possible de 18 000 emplois, ont eux aussi annoncé vouloir s'engager dans le capital de leur entreprise. Selon les syndicats, salariés et concessionnaires réunis pourraient prendre 25% plus une action du capital et constituer une minorité de blocage, pouvant alors influencer les choix d'Opel. « Ainsi, à l'avenir, nous pourrons avoir une plus grande influence sur le développement de nouveaux produits », a expliqué le concessionnaire Opel de Düsseldorf, Peter Dahlmmann.
Barbara Leblanc
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