Opel : la cession retardée par l'Espagne et la Commission européenne
Par Raphaële Karayan - Publié leBientôt à court de cash, Opel doit conclure sa cession à Magna au plus vite. Mais de nouveaux obstacles retardent la signature : une grève en Espagne, et la Commission européenne s’inquiète des aides versées par l’Allemagne.
(mise à jour 20/10/09, 16h30)
Cette fois, c’est en Espagne que ça coince. Malgré l’avancée des négociations sur le devenir du site à long terme (plus des deux tiers de la fabrication de la nouvelle Corsa serait repositionnée à Figueruelas en 2013), les propositions de Magna à court terme ont été jugées insuffisantes par les syndicats espagnols. En conséquence, le comité d’entreprise a rejeté lundi 19 octobre le projet industriel de Magna, et lance une grève de quatre jours les 28 et 30 octobre, 3 et 5 novembre. Magna a l’intention de transférer une partie de la production espagnole vers l’Allemagne. Les suppressions d’emplois envisagées par le repreneur seraient comprises entre 1.300 et 1.650 postes sur 7.500.
Dommage pour Magna, car avec les représentants des salariés britanniques et allemands, les négociations ont abouti. Mais ce ne sera pas suffisant pour empêcher le report de la vente lié à l'absence d'accord en Espagne.
Vendredi dernier, une embûche de plus s’était déjà dressée sur le parcours – déjà chaotique – de Magna et de son partenaire russe Sberbank. La commission européenne s’est en effet inquiétée de la non conformité de l’aide de 4,5 milliards d’euros prévue par Berlin pour Opel avec les règles européennes de la concurrence. La commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes craint que cette aide n’ait été conditionnée au choix du repreneur, en l’occurrence Magna. Ce que Berlin a démenti.
A force d’allers et retours entre la Commission européenne, les Etats concernés par la vente, Magna, Opel, Sberbank et GM, beaucoup doutent que la vente soit jamais conclue. Selon le Wall Street Journal, GM se préparerait sérieusement l’échec des négociations. Le plan B ne ferait en tout cas plus intervenir RHJ International, qui était en balance avec Magna pour la reprise, celui-ci ayant déclaré qu’il n’était plus intéressé.
Pour ajouter à la tension ambiante, le patron du trust chargé de gérer la transaction entre Opel et son repreneur, Fred Irwin, a indiqué mardi que Opel pourrait manquer de liquidités à la mi-janvier 2010, et qu’il fallait donc presser le pas pour faire aboutir les négociations. L’Allemagne a déjà versé 1,5 milliard d’euros sur les 4,5 milliards d’aides prévus, mais ils n’étaient pas censés soutenir l’activité aussi longtemps.
En cas d’échec de la vente à Magna, General Motors pourrait être conduit à restructurer l’entreprise lui-même pour la conserver dans son giron, au prix de suppressions d’emplois beaucoup plus lourdes que celles envisagées par l’équipementier canadien. Ou, au pire, à déposer le bilan d’Opel.

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