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Opel : l’Allemagne au cœur des tensions européennes

Par Barbara Leblanc - Publié le
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Le dossier Opel, qu’on aurait pu croire clos depuis l’annonce de la reprise du constructeur à 55% par le consortium Magna / Sberbank, prend une tournure politique.

Après l’annonce par General Motors de la fermeture progressive du site d’Anvers en Belgique, les suspicions vont bon train à l’égard du gouvernement allemand, qui aurait bénéficié de garanties sur la sauvegarde de ses sites en contrepartie du versement de 4,5 milliards d’euros d’aides publiques.

10 500 emplois supprimés

En effet, l’Allemagne, à la tête des négociations sur la reprise d’Opel, serait l’unique pays dans lequel l’ensemble des sites de production serait conservé. Pour les autres pays accueillant des sites Opel, l’incertitude est de mise. Outre le site d’Anvers en Belgique, l’usine de Fifueruelas en Espagne pourrait perdre 1 700 salariés sur 7 000. En Hongrie, c’est l’usine de fonderie de culasses de Szentgotthard qui pourrait être affectée par des suppressions d’emplois.  En Pologne, le ministère de l’Economie craint pour ses sites, estimant que «  les démarches ultérieures à l’égard des entreprises du groupe Opel en Europe ne reposent que sur des critères économiques ».

Au total, Magna a annoncé vouloir supprimer 10 500 emplois au total pour les marques Opel et Vauxhall, dont 4 000 en Allemagne et 2 600 en Belgique. Des chiffres légèrement plus élevés que les estimations circulant en Allemagne. Le coprésident de Magna, Siefried Wolf a assuré que le groupe n’avait pas modifié son concept depuis le 31 mai dernier

Tous contre le protectionnisme

Pourtant, ces autres pays ont eux aussi promis des aides à Magna, à l’instar de la Flandre, qui offrirait 500 millions d’euros. «  Sur des critères économiques, je suis convaincu qu’Anvers est meilleure qu’un certain nombre de sites en Allemagne », a déclaré Kris Peeters, chef du gouvernement de la Flandre. Les autorités belges n’ont cessé de rappeler lors des négociations avec Magna les qualités du site d’Anvers (situation géographique, flexibilité, soutien financier). «  Il faut éviter que des mesures protectionnistes viennent sauvegarder l'activité dans un pays et la détruire dans l'autre », assure Didier Reynders, ministre belge des Finances. «  Les petits pays payent les pots cassés », a commenté le président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, qui a réclamé une enquête auprès de la Commission européenne. Cette dernière a rappelé à l’ordre l’Allemagne, en avertissant que «  toute aide financière potentielle des autorités publiques devait être totalement compatible avec les règles de l’UE ».

Peur russe

A cela s’ajoute la crainte de certains responsables allemands, dont Dirk Pfeil, représentant des Etats régionaux allemands, concernant l’utilisation éventuelle par la Russie des aides attribuées à Magna pour moderniser l’industrie automobile russe. Ce à quoi le ministère allemand de l’Economie a rétorqué que le plan de Magna avait toujours contenu des investissements en Russie.

Pour tenter de calmer les esprits et éclaircir la situation, laCommission a convoqué une réunion ministérielle de concertation entre les pays concernés par le dossier mardi 15 septembre. Reste que la situation risque d’être tendue. La Belgique s’est concertée avec l’Espagne et la Hongrie pour tenter de contrer Berlin et trouver une approche européenne commune du dossier Opel.



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