MARDI, PLATEAU DES COMMERCIAUX
« Stéphane, comment ça se fait que je n'ai toujours pas vos reportings détaillés ? »
Un peu surpris par le ton agressif de Sylvain Lambert, son chef, Stéphane Bertier ne put que bredouiller une réponse :
« Parce que je n'ai pas eu le temps de les faire... »
Lambert le regarda d'un air sévère :
« Ce n'est pas une raison... J'ai une réunion avec Duchêne dans quelques minutes et je ne les ai pas... Je n'ai jamais vu une entreprise où l'on n'a pas les reportings du service après-vente disponibles quand on en a besoin... »
Piqué au vif par la remarque de Lambert, Bertier réagit vivement :
« Oui, bien, moi, je n'ai jamais vu une entreprise où on travaillait dans ces conditions ! Il faut que je fasse tout ici... Que je réponde aux réclamations des clients par téléphone, par e-mail ou par courrier... Que je transmette leurs demandes à la fabrication ou à la logistique... Qui se font un plaisir de ne jamais répondre dans les délais impartis... Alors, oui, je suis en retard sur les reportings... »
Lambert posa calmement ses dossiers sur le coin du bureau de Bertier :
« Je ne comprends pas pourquoi vous vous énervez comme ça, Stéphane...
- Je ne m'énerve pas ! Je suis simplement en train de vous dire qu'on nous en demande toujours plus avec toujours moins de moyens ! Et que moi, je ne peux plus suivre ! Il y a quelques années, on était deux à faire ce que je fais... Et en plus, il y avait une assistante pour s'occuper de tout ce qui est administratif... »
Lambert haussa alors les épaules :
« Bah, vous savez Stéphane, depuis ce temps on a changé de modèle économique... Vous avez les outils informatiques qui vous déchargent d'une bonne partie de votre travail... Et puis, Stéphane, vous devriez aller voir comment ça se passe ailleurs... Et vous vous rendriez compte que chez Balaton, on est loin d'être malheureux question conditions de travail !
- Ça, je demande à voir !
- Et, bien, allez voir Bertier... allez voir... Vous verrez que vous n'avez aucune raison de vous plaindre. Et on en reparlera... Un autre jour... Là, je suis déjà en retard à ma réunion ! »









