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Oléoducs : sont-ils sûrs ?

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Oléoducs : sont-ils sûrs ?

Oléoduc percé : « désastre écologique » et « plan de modernisation » en vue. La fuite de l'oléoduc de Crau le 7 août a tiré la sonnette d'alarme. La secrétaire d'État à l'écologie a promis un « plan de modernisation de ces réseaux » pour novembre.

La Société du pipeline sud-européen (SPSE) a reconnu que la rupture de l'oléoduc qu'elle exploite entre Fos-sur-Mer et Karlsruhe en Allemagne a provoqué un "désastre écologique" et promis d'en assumer les conséquences. A 7h57 vendredi 7 août, quelque 4 000 m3 de pétrole brut se sont déversés sur deux hectares, au cœur de la réserve naturelle des Cossouls de Crau (voir vidéo). Une zone de 7 700 hectares classée Natura 2000 qui jouxte la Camargue et constitue l'une des dernières steppes semi-arides d'Europe.

La SPSE compte parmi ses actionnaires Total, Exxon, BP et Shell. Son oléoduc, constitué de trois lignes parallèles, alimente en pétrole brut directement déchargé sur le port méditerranéen de Fos-sur-Mer quatre raffiniers de la vallée du Rhône, de l'Allemagne et de la Suisse. Soit 23 millions de tonnes de pétrole par an.

"Nous ne repartirons pas du site sans nous être assurés de sa dépollution totale", a affirmé Olivier de Tinguy, PDG de la SPSE, devant Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'écologie, qui s'est rendue sur les lieux peu après la découverte du sinistre.

 Après l'incident, les opérations de pompage du tronçon de l'oléoduc - sur 20 km - puis de la flaque ont été achevées en vingt-quatre heures. Reste à ramasser les terres polluées avant de les traiter dans les filières d'élimination. La nappe phréatique, située entre 6 et 12 m de profondeur, n'a pas été menacée dans l’immédiat, selon SPSE.

Renforcement des contrôles

Chantal Jouanno a, quant à elle, annoncé "un renforcement des contrôles" et promis "une surveillance plus fréquente des installations". Dans l'impossibilité d'expliquer la rupture de son oléoduc, la SPSE qualifie cet accident de rarissime. Elle opérait tous les contrôles imposés depuis 2006 : contrôle pédestre deux fois par mois sur les 850 km de l'oléoduc, protection cathodique pour lutter contre la corrosion et usage d'un "racleur", instrument qui détecte les fissures et calcule l'épaisseur de la paroi... Reste que pour Chantal Jouanno, le contrôle visuel de ces tuyaux deux fois par mois est déraisonnable et les contrôles techniques doivent être plus réguliers.  L’oléoduc avait été inspecté en profondeur… neuf ans auparavant.

"Nous allons mener un plan de modernisation de ces réseaux qui sont stratégiques pour le pays", a-t-elle annoncé dans Le Parisien du dimanche 9 août. La France compte effectivement pas moins de 50.000 km de tuyaux de pipeline dont 36.500 pour le gaz et les hydrocarbures.


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