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Obut: il veut rendre design la boule de pétanque

Le 12 juillet 2010 par Rémy Maucourt
300 000 boules de pétanque sortent chaque mois de l'usine de Saint-Bonnet-le-Château.
300 000 boules de pétanque sortent chaque mois de l'usine de Saint-Bonnet-le-Château.
© Obut

  La pétanque, sport d'été par excellence, nécessite un équipement bien précis. Obut, leader du marché des boules de pétanque, réalise toute sa production dans la région Rhône-Alpes.

Quand vous jouerez à la pétanque cet été, il y a de fortes chances que les boules que vous lancerez aient été fabriquées à Saint-Bonnet-le-Château, dans la Loire. Les 120 salariés d'Obut y produisent 3,5 millions de boules par an. Cette usine est un site métallurgique complet : l'acier brut y est forgé, soudé, usiné, poli, avant de subir des traitements thermiques et de surface pour la finition. 4000 tonnes d'acier sont utilisées chaque année.

Fiche d'identité

CA: 15 millions d'euros
Capital: possédé à 100% par Pierre Sauvignet et son fils
Effectif: 120 personnes
L'histoire: que signifie le nom "Obut"? Très simple: ce que le profane appelle un cochonnet est en réalité un but. La boule Obut est donc celle qui va "au but".

Obut est le leader incontesté de la boule de pétanque, avec 68% du marché mondial et 80% du marché français. Son PDG, Pierre Sauvignet, a le moral: l'été sera chaud, ce qui est très bon signe pour son business. "On espère un bel été chaque année". La situation économique actuelle ne le soucie pas outre mesure : son produit passe facilement les crises et les modes.

Quelle innovation?

Pour se développer aujourd'hui, Obut mise sur l'innovation. D'abord pour son produit haut de gamme : la boule de compétition. Pour être homologuée par la fédération française, ces boules doivent respecter un cahier des charges très précis: dureté, équilibrage, poids, diamètre et marquage règlementaire.

Il reste néanmoins des marges pour les faire évoluer. La tendance actuelle est de créer des boules de plus en plus tendres, qui absorbent mieux les chocs avec le terrain. Mais cette évolution les rend également plus fragiles: un compétiteur moyen en use un jeu par an.

L'innovation concerne également les boules dites "loisir", d'entrée de gamme. Mais comment faire évoluer un produit aussi... classique? Obut tente l'option du design : Les boules de pétanques ne seront plus nécéssairement striées: la collection Tatou compte une douzaine de motifs différents. Selon Pierre Sauvignet, cela répond à une demande : "les boulistes souhaitent reconnaître leurs boules, les différencier".

Le dilemme de l'export

La boule de pétanque est un produit très français, peut-être trop. "Pour exporter des boules, il faut d'abord exporter la pétanque", regrette Pierre Sauvignet. Obut a essayé de pénétrer le marché chinois durant plusieurs années, sans succès. La société réalise 12% de son chiffre d'affaires à l'export, mais a renoncé à conquérir le monde. Ce n'est peut-être que partie remise: un site web commercial international est à l'étude.

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