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Obama, recruteur en chef

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Obama, recruteur en chef © Pascal Guittet

Pas une inversion de la courbe, plutôt un plongeon. À deux mois de la présidentielle américaine et alors qu’approche l’heure du bilan de Barack Obama, force est de constater que, coté emploi, la performance est là. En deux mandats, 14 millions d’emplois ont été créés. Premier vendredi du mois, jour de publication des chiffres de l’emploi, ce 2 septembre n’a pas dérogé à une tradition désormais bien établie, celle de la hausse du nombre de salariés, à savoir 151 000 de plus en août. Depuis fin 2010, l’Amérique n’a pas connu un mois sans création d’emplois. La "job machine" turbine. Quel contraste avec l’arrivée d’Obama, en janvier 2009 ! La nation était alors pétrie d’angoisse. On s’interrogeait sur la survie du capitalisme, l’économie broyait jusqu’à 800 000 emplois par mois et Detroit (Michigan), "Motor City", devenait une ville zombie. Culminant à 10% fin 2009, le taux du chômage s’est stabilisé à 4,9% en août. Dans le Michigan, il est passé de 14,9% à 4,3% ! Mission accomplie donc ! Quel succès, assurent beaucoup, pour cette nouvelle économie américaine dopée par le numérique, l’ubérisation, l’immatériel, et qui connaîtrait même un retour de l’industrie… Et quelle leçon de politique économique pour les pays vermoulus de la Vieille Europe. Voire !

Car le bilan flatteur doit être nuancé. D’abord sur le taux d’emploi qui, à moins de 63%, n’a jamais été aussi bas depuis trente ans. Ensuite, sur la nature des emplois. Depuis la fin de la récession, l’essentiel des créations en volume est le fait de quelques secteurs, principalement la santé, les services à la personne et la restauration. Par ailleurs, si les salaires ont progressé (environ 15% depuis mi-2008), cette moyenne cache de nettes disparités entre, pour caricaturer, les postes ultra-qualifiés à Wall Street, à Boston ou dans la Silicon Valley, et les employés de "Main Street".

Dans la campagne pour la Maison-Blanche, marquée par les philippiques délirantes de Donald Trump, si le taux de chômage n’est pas un sujet, il en va tout autrement du déclassement des classes moyennes ou du niveau des salaires. Ceci explique cela. Reste une question : quelle est la responsabilité de l’actuel président dans le fait que les États-Unis flirtent désormais avec le plein-emploi ? Une de ses premières décisions en 2009 fut un plan de relance XXL : 787 milliards de dollars, environ 5% du PIB. Qui redonna confiance au pays. Ensuite ? Pas grand-chose. L’essentiel de la politique économique fut monétaire et déléguée à la Réserve fédérale (Fed), qui arrosa le pays de liquidités. Aujourd’hui, à l’approche d’un relèvement des taux, Janet Yellen, la patronne de la Fed, prévient que, si puissante soit-elle sur l’emploi, son action doit changer de voie. Inquiétant ?

Pierre-Olivier Rouaud

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